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De célèbres masques de plongée deviennent des respirateurs artificiels à l'Hôpital Erasme

Publié le 30 mars 2020 Mis à jour le 1 avril 2020

L’épidémie de Covid-19 est un vrai défi pour le personnel médical. Et la pénurie de matériel (masques, gants, respirateurs artificiels) a stimulé la créativité de certains médecins. Aujourd’hui, dans plusieurs hôpitaux, les fameux masques de plongée de Decathlon sont utilisés comme respirateurs artificiels. C'est le cas à l’Hôpital Erasme, a-t-on pu découvrir dans un reportage de la RTBF.

L'idée est née en Italie, où un hôpital a réalisé un prototype équipé d'une valve installée à la place du tuba, au sommet du masque, permettant de faire le lien avec un respirateur et d'alimenter un patient en air sous pression. Des hôpitaux d'autres pays ont suivi l'exemple italien, chacun y allant de sa petite adaptation. À l'hôpital Erasme, c'est Frédéric Bonnier, kinésithérapeute aux soins intensifs et professeur de kinésithérapie respiratoire à l’ULB, qui a étudié les plans italiens. 

"La valve conçue par les Italiens nous a semblé assez compliquée à fabriquer, assez lourde, pas très commode, et donc on a eu l’idée de pousser un petit peu plus loin la réflexion et de développer nous-mêmes notre propre connexion", a-t-il expliqué au micro de la RTBF. Des valves ont ainsi été commandées et sont imprimées en 3D dans les locaux de la spin-off de l’ULB “Endo Tools Therapeutics” situés à Gosselies.

Ces masques sont utilisés pour "des patients qui ont des atteintes respiratoires sévères. Le but est d'éviter de devoir intuber la trachée du patient et le mettre au respirateur", ce qui est la dégradation ultime de la maladie, explique Frédéric Bonnier dans les colonnes de La Libre.

Les masques de plongée pourraient être aussi une solution provisoire pour les patients nécessitant des soins intensifs mais pour lesquels lit et respirateur ne sont pas disponibles. Ils sont branchés à plusieurs filtres et embouts ainsi qu'à un tube et une machine fournissant de l'air pressurisé, aidant les patients à mieux respirer. Leur avantage et de permettre de ventiler le patient sur des périodes plus longues grâce à son confort.
 

À la demande de l'ISPPC-CHU de Charleroi et en collaboration avec le Laboratoire de médecine expérimentale (ULB), le FabLab de Charleroi Métropole imprime aussi en 3D l'adaptateur pour les masques Décathlon. 

Selon un communiqué de l'agence de presse Belga, Decathlon a "bloqué" lundi soir les ventes en ligne de son masque de plongée "Easybreath" en France, afin de "réserver et offrir" les 30.000 masques disponibles aux soignants qui veulent "l'adapter" dans la lutte contre le Covid-19.