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Les rectrice et recteurs alarmés par l'état de santé des grévistes de la faim

Publié le 30 juin 2021 Mis à jour le 7 juillet 2021

Le Conseil des recteurs (Cref) des universités francophones demandent aux autorités que des solutions soient trouvées à la situation des personnes sans-papiers en grève de la faim, notamment sur le site de l'ULB.

Depuis près de 40 jours, plus de 400 personnes sans-papiers poursuivent une grève de la faim à l’église de Béguinage de Bruxelles ainsi que dans des locaux de l’ULB et de la VUB. Certaines d’entre elles sont installées et travaillent en Belgique depuis de nombreuses années. Elles demandent que l’on prenne en considération leur situation pour examiner de manière indépendante, cohérente et transparente leurs conditions de régularisation.

Les rectrice et recteurs des universités francophones du pays sont particulièrement alarmés par l’état de santé des grévistes de la faim, à l’heure où des conséquences irréversibles pourraient résulter de leur action. Elle et ils demandent aux autorités politiques compétentes d’user de tous les moyens légaux en leur pouvoir pour trouver des solutions, au moins transitoires, à la situation des personnes sans-papiers et, dans le même temps, demandent instamment aux grévistes de la faim de mettre un terme à leur action.

Particulièrement attachés à l’État de droit ainsi qu’à la dignité des personnes, les rectrice et recteurs sont convaincus que cette dignité et ce droit ne se trouveront ni dans les menaces que certains font peser sur leur santé, voire leur existence, ni dans l’intransigeance, mais dans le dialogue et l’humanité.

Communiqué du CReF (Conseil des recteurs francophones) - 29.05.2021

Le Conseil des recteurs est présidé par Pierre Wolper, recteur de l'Université de Liège (ULiège). Le Conseil réunit en outre les recteurs de l'Université catholique de Louvain, de l'Université libre de Bruxelles, de l'Université de Mons et de l'Université de Namur.
 

Les personnes « sans-papiers » qui depuis quarante jours maintenant mènent une grève de la faim, notamment sur l’un de nos campus, sont arrivées à un point de basculement où elles peuvent de manière irréversible mettre leur santé en très grand danger. Notre Université les a accueillies, hébergées et soutenues dans leurs revendications. Nous regrettons que les pouvoirs publics demeurent sourds à leurs demandes, que nous continuerons à appuyer, fidèles à nos engagements humanistes et à notre sens de la justice. Dans le même temps, nous implorons les grévistes de la faim de ne pas mettre leur vie en danger. Comme le disent leurs représentants : « Pas de morts pour des papiers ! ». Ces jours-ci sont cruciaux. Le même combat peut et doit se poursuivre, avec d’autres moyens. Nous resterons du côté de la justice et de la dignité, avec les « sans papiers », avec la société civile qui se mobilise, avec le comité de soutien commun à l’ULB et à la VUB, pour une cause qui est indéniablement juste. Cette cause restera juste et importante, au-delà de la grève de la faim qui a mis en lumière, plus que jamais, la situation tragique des personnes concernées.

Annemie Schaus, rectrice de l'Université libre de Bruxelles