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Prisonniers scientifiques en Iran: l’ULB affirme son soutien à Fariba Adelkhah, Roland Marchal, Kilye Moore-Gilbert, Ahmadreza Djalali

Publié le 11 février 2020 Mis à jour le 12 février 2020

L'ULB apporte également son soutien à tous les autres collègues actuellement emprisonnés en Iran, et appelle à leur libération.

"Sauvez les chercheurs, sauvez la recherche pour sauver l’histoire!". C’est le cri lancé par Fariba Adelkhah, anthropologue franco-iranienne, depuis sa prison à Téhéran.
Arrêtée le 5 juin 2019 par les Gardiens de la Révolution iranienne et emprisonnée depuis cette date, comme son compagnon Roland Marchal, cette chercheuse de haut niveau, libre d’esprit et auteure de travaux reconnus internationalement, tant sur la société iranienne que sur l’Afghanistan, a annoncé, avec une autre prisonnière scientifique, australo-britannique, Kilye Moore-Gilbert, le 23 décembre 2019, qu’elles entamaient toutes les deux une grève de la faim dès le lendemain "au nom de tous les universitaires et les chercheurs en Iran et au Moyen-Orient que l’on emprisonne injustement (…) pour avoir fait leur travail".

Nous ne pouvons rester indifférents à la situation de Fariba Adelkhah, de Roland Marchal, de Kilye Moore-Gilbert, arrêtée en 2018 et condamnée à dix ans de détention, ou encore d’Ahmadreza Djalali, qui fut professeur invité à la VUB et a été arrêté en 2016, torturé et condamné à mort après extorsion d"aveux".

Ces chercheurs, qui mènent une recherche de qualité, ne sont pas des opposants politiques et se retrouvent pris en otage. Les accusations dont ils font l’objet – espionnage, atteinte à la sécurité de l’État, propagande contre le régime – montrent le décalage total entre leur activité et les instrumentalisations qui sont faites de leur arrestation.

Nous sommes inquiets pour la santé de Fariba Adelkhah et Kilye Moore-Gilbert, en grève de la faim depuis le 24 décembre.

Nous sommes inquiets des dernières nouvelles faisant état d’un jugement imminent pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal, par la section 15 du Tribunal révolutionnaire.


Parce que tout ce qui porte atteinte à la liberté de la recherche, où que ce soit dans le monde, nous concerne,

Parce que nous avons, pour certains d’entre nous, des liens de travail avec ces collègues, et sommes restés subitement dans le noir, incrédules face à leur disparition des radars, avant la diffusion de l’information sur leur détention,

Parce que nous ne pouvons tolérer la violence symbolique, physique et morale, exercée sur des esprits libres qui produisent de la réflexion, de l’analyse, et par là-même permettent à la communauté des chercheurs mais aussi aux sociétés dans leur ensemble de mieux comprendre le monde,

Nous demandons de toutes nos forces la libération de ces prisonniers scientifiques,

Nous soutenons tous les collègues et étudiants qui en Iran, poursuivent contre vents et marées leur travail de recherche.

Nous soutenons le rassemblement qui aura lieu à Paris ce mardi 11 février 2020 en soutien à Fariba et Roland, et à tous les autres, en ce jour anniversaire de la révolution iranienne de 1979.

L’Université libre de Bruxelles, à travers son Conseil d’administration.