Publié le 27 octobre 2020 Mis à jour le 28 octobre 2020

Plus les temps sont troublés, plus la société se polarise, plus certains chercheurs se voient pris à partie, et de manière quelquefois violente, dans le débat public. Les réseaux sociaux, en déversant souvent des torrents de haine, y contribuent puissamment.

Parmi d’autres enseignants et chercheurs de nos universités qui sont ainsi victimes d’une vindicte brutale, notre collègue Corinne Torrekens, spécialiste de l’islam en Belgique à l’ULB, fait l’objet ces derniers jours d’une campagne très malveillante sur les réseaux sociaux. Cette campagne vise non seulement cette chercheuse reconnue et ce faisant la légitimité et le caractère scientifique de son travail comme sa réputation, mais également à travers elle l’Institution qui accueille ses recherches et ses enseignements.

C’est l’occasion, tout d’abord, de dire tout notre soutien à Corinne Torrekens, laquelle est l’objet non seulement d’une diffamation injuste, mais aussi, et c’est bien pire, d’intimidations inacceptables. C’est l’occasion aussi de dire que notre Université constitue un espace de production de savoirs, d’engagement et de discussion, où toutes les opinions s’expriment de manière libre, pour autant que cela soit dans le respect des personnes et dans le respect d’un débat contradictoire, digne et juste.

C’est l’occasion, enfin, de rappeler le principe de liberté académique, essentiel afin de permettre à nos chercheurs et enseignants d’exercer leur métier en toute indépendance, sans contrainte autre que le respect de la méthode scientifique, la recherche scrupuleuse de la vérité, la rigueur critique et l’honnêteté intellectuelle. La diffamation et l’intimidation n’ont ainsi, de mon point de vue, rien à faire dans le débat des idées.