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Svetlana Alexievich, Docteure honoris causa de l'ULB et la VUB

Publié le 3 mai 2021 Mis à jour le 10 mai 2021

La journaliste d’investigation et dissidente biélorusse Svetlana Alexievich a reçu, le 3 mai, les insignes de Doctorat honoris causa de l’ULB et de la VUB lors de l'édition 2021 du Difference Day. Un Honorary Title pour la liberté d’expression a, lui, été décerné à la journaliste et lanceuse d'alerte chinoise Zhang Zhan.

Organisée chaque année à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Difference Day entend donner la parole à des experts et célébrer la liberté d'expression sous toutes ses formes. Cet événement avait pour thème cette année: "Women breaking the news.

Doctorat Honoris Causa de l'ULB et la VUB pour Svetlana Alexievich

En décernant un doctorat honorifique à Svetlana Alexievich, la VUB et l’ULB souhaitaient rendre hommage à une auteure qui donne une voix aux citoyens et à l'opposition réprimée dans son pays. Dans sa quête de la vérité, elle n’hésite pas, au péril de sa vie, à rechercher des faits et des événements qui sont écartés de l'historiographie officielle.

Svetlana Aleksandrovna Alexievich est une journaliste d’investigation, historienne et écrivaine biélorusse, dont l’œuvre a été couronnée par le prix Nobel de littérature en 2015.

Parce que son travail perce les mythes et les illusions et n’est pas guidé par la version officielle des faits, elle a souvent fait l'objet de critiques de la part des autorités, tant à l'époque de l'Union soviétique, où elle a perdu son emploi de journaliste, qu'ensuite en tant qu'écrivaine au Belarus, où son travail ne pouvait être publié. Elle a donc dû quitter son pays en 2000 et a séjourné à Paris et à Berlin pendant longtemps. En 2011, elle choisit délibérément de retourner en Biélorussie et devient l'un des visages de l'opposition démocratique dans le pays.

En août 2020, Svetlana Alexievich est intervenue dans les manifestations contre les élections manipulées par le président sortant Loukachenko. Sur une radio libre, elle a exhorté le président à démissionner: "Partez avant qu’il ne soit trop tard, avant de plonger le peuple dans un terrible abîme, l’abîme de la guerre civile. Personne ne veut voir de sang. Vous ne voulez que le pouvoir. Et c’est votre soif de pouvoir qui exige un bain de sang".  Svetlana Alexievich a joué un rôle de premier plan dans le "Conseil de coordination", qui a uni l’opposition à Loukachenko.

En septembre 2020, tous les membres du Conseil de coordination ont été arrêtés, expulsés ou ont disparu sans laisser de traces après avoir été enlevés. Seule Svetlana Alexievich était encore en liberté, probablement parce que le régime n'osait pas s'attaquer à elle en raison de son prestige international. Elle a néanmoins été victime de menaces, à la suite desquelles des diplomates occidentaux ont proposé de la "garder" pour garantir sa sécurité. Alors qu'elle avait initialement l'intention de rester à tout prix en Biélorussie, elle a décidé de partir en Allemagne en septembre 2020, avec l'intention de revenir dès que possible.

Titre honorifique pour la liberté d’expression pour Zhang Zhan

Zhang Zhan est une journaliste chinoise et ancienne avocate qui a été torturée par la police secrète chinoise et condamnée à quatre ans de prison en décembre 2020 lors d'un procès expéditif auquel ni la presse ni les observateurs internationaux n'ont été autorisés à assister.

La journaliste chinoise s'était rendue à Wuhan durant les premiers mois qui ont suivi l'épidémie de coronavirus pour faire un reportage et recueillir des témoignages sur la situation. Ils ont ensuite été relayés sur les médias sociaux comme WeChat, Twitter et Youtube. En outre, Zhang Zhan a fait état de l'emprisonnement de journalistes indépendants et du harcèlement des familles des victimes du Covid-19.
En mai 2020, Zhang Zhan a été arrêtée et emprisonnée pour avoir "cherché à susciter la discorde et à causer des troubles".  En prison, Zhang Zhan vit dans des conditions épouvantables. Elle doit porter des menottes aux chevilles et ses mains ont également été menottées pendant une période de trois mois. Elle a fait une grève de la faim, mais a été nourrie de force.

Pendant l'épidémie de coronavirus, les journalistes indépendants ont été la première et la seule source d'informations non censurées sur le virus en Chine. Ces journalistes sont soumis à une pression constante de la part des autorités chinoises et sont donc souvent arrêtés. Au moins 47 autres journalistes sont actuellement détenus en Chine pour leurs reportages sur le coronavirus.
 

Prix de la citoyenneté

Le 16e prix de la citoyenneté de la Fondation P&V a été remis à la journaliste et réalisatrice Waad al-Kateab. Son documentaire "For Sama" témoigne du dilemme que représente le fait de quitter un pays en guerre pour vivre et offrir un avenir meilleur à soi et à sa famille.
 

 
Journée mondiale de la liberté de la presse.
En 1993, l'Assemblée générale des Nations unies a déclaré le 3 mai Journée mondiale de la liberté de la presse afin de sensibiliser le public à l'importance de la liberté de la presse et de rappeler aux gouvernements leur devoir de respecter et de faire respecter le droit à la liberté d'expression inscrit à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme.