1. Actus & Agenda
  2. FR
  3. Actus
  4. Recherche

« C’est une mission extraordinaire pour la science et l’humanité »

Publié le 18 janvier 2021 Mis à jour le 20 janvier 2021

Le 18 février 2021, le robot « Rover Perseverance » va se poser sur Mars. Une mission à laquelle participe Vinciane Debaille, du Laboratoire G-Time. Elle nous parle de cette aventure hors normes.

Le moment est très attendu : le 18 février prochain, le robot « rover Perseverance » va poser ses roues sur le sol martien. La mission Mars2020 de la NASA ouvre une nouvelle ère dans l’étude scientifique de Mars.

Le robot effectuera des analyses minéralogiques et chimiques sur place, en essayant de caractériser les différentes couches géologiques du petit cratère de Jezero, lui-même situé en bordure du troisième plus grand cratère de la planète rouge. Mais surtout, il forera une petite trentaine de carottes de roches. D’ici 5 à 10 ans, un deuxième rover viendra chercher ces tubes et un troisième module en orbite de Mars ramènera les échantillons sur Terre.

Vinciane Debaille, maître de recherches du FNRS au Laboratoire G-Time, Faculté des Sciences fait partie des cinq scientifiques européens désignés par l’Agence spatiale européenne pour collaborer à la mission menée par la NASA.

« C’est un honneur d’avoir été sélectionnée. C’est une mission qui me dépasse tellement. C’est extraordinaire aussi bien pour la science que pour l’humanité », confie la chercheuse.

Apprendre la patience

« Les missions spatiales, c’est très différent », poursuit-elle.  C’est en effet un travail qui s’inscrit dans le temps long. Si on imagine les chercheuses et chercheurs habitués au travail au long cours, Vinciane Debaille précise : « Un projet de recherche dure en général 4 à 5 ans. Ici, quand on recevra les échantillons, je serai impliquée dans le projet depuis plus de dix ans. C’est la première fois que je travaille dans des termes aussi lointains. J’ai toujours regardé mes collègues des explorations spatiales en me demandant comment ils faisaient. Quand je les vois pleurer au succès d’une mission, je peux comprendre l’émotion. Ce genre de mission nous apprend la patience, moi qui suis dans les premières générations de l’immédiateté ».

Le rôle de Vinciane Debaille et des autres scientifiques sera de donner le feu vert au robot pour échantillonner une roche.

 Nous ne pouvons récolter que 30 échantillons de la taille d’un cigare. La peur, c’est de tomber sur une roche et de se dire qu’on n’a plus de place. De même, on ne peut pas revenir en arrière. Va-t-on regretter toute sa vie de ne pas avoir échantillonné telle roche ? Ca peut tourner à la discussion scientifique et philosophique compliquée », sourit-elle.

Un laboratoire jamais construit sur Terre

Les échantillons reviendront sur Terre en 2030. Ce délai s’explique par le fait que la mission de récolte d’échantillons va déjà durer 4 à 5 ans. Ensuite, les nouveaux rovers et l’orbiteur doivent encore être construits. De même que la salle qui va réceptionner les échantillons. « On doit imaginer un laboratoire jamais construit sur Terre », raconte Vinciane Debaille. « Le laboratoire doit répondre aux standards microbiologiques : rien ne peut sortir, rien ne peut entrer. Les laboratoires actuels pour étudier Ebola par exemple sont construits de manière à ce que rien ne sorte – pour ne pas que le virus s’échappe – mais des choses peuvent y entrer ». Concernant les échantillons martiens, il faut s’assurer qu’ils ne contaminent pas l’extérieur – c’est le principe de protection planétaire - mais il faut aussi garantir qu’ils ne soient pas altérés par l’extérieur. Rendez-vous le 18 février !

Contact
Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be