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Alcoolisme: la perception et la résistance pourraient expliquer les rechutes

Publié le 17 janvier 2020 Mis à jour le 21 janvier 2020

Des chercheurs viennent d’identifier une combinaison de facteurs pouvant expliquer les rechutes des patients dépendants à l’alcool. Ils sont liés à la perception de l’alcool et aux capacités d’inhibition après un sevrage.

50% des patients belges suivant une première cure de désintoxication rechutent endéans les 3 mois. Les chercheurs du Laboratoire de Psychologie médicale et Addictologie (Faculté de Médecine à l’Hôpital Brugmann) viennent d’identifier une combinaison de facteurs pouvant expliquer ces rechutes.

Salvatore Campanella, Elisa Schroder et leurs collègues ont suivi une quarantaine de patients pendant et après la cure de désintoxication de 3 semaines proposée à l’Hôpital Brugmann. Ils ont comparé les "profils cérébraux" des patients toujours abstinents trois mois après la cure, par rapport à ceux qui ont rechuté. Les résultats de cette étude sont publiés dans le journal Clinical Neurophysiology.

Résultat : les patients toujours abstinents présentent un taux d’attention et un taux d’inhibition élevés à l’alcool.

"Cela signifie que les patients abstinents continuent, après leur cure, à traiter les signaux liés à l’alcool dans l’environnement (publicité, présence de cafés, etc.). Ils présentent également un taux d’inhibition, soit une capacité à résister, plus élevé", décrypte Salvatore Campanella.

Au contraire, la majorité des patients en rechute présentent un biais attentionnel et un taux d’inhibition faibles. "Ils rejettent les signaux liés à l’alcool mais ont moins de ressources psychologiques pour y résister", résume Elisa Schroder.

Le biais attentionnel et les capacités d’inhibition forment donc un marqueur neurocognitif permettant de prédire le risque de rechute d’un patient après sa cure.

L’équipe va prochainement reproduire l’expérience sur une cohorte de patient plus grande, afin de valider son hypothèse. En parallèle, les chercheurs vont développer et proposer une prise en charge neurocognitive des patients "à risque" et ainsi en étudier l’impact sur le taux de rechute.

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