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Antarctique. Un trou d'ozone bien installé en septembre

Publié le 6 octobre 2020 Mis à jour le 6 octobre 2020

Les conditions météorologiques de septembre ont conduit à une diminution d’ozone importante en Antarctique ces dernières semaines. Les observations satellite du sondeur IASI montrent que c’est la diminution la plus importante observée durant les 15 dernières années, après ou à égalité avec celui de 2015. Ce phénomène s’explique par un hiver stratosphérique très froid et persistant.

La couche d'ozone agit comme un bouclier qui protège la vie sur terre des rayons ultraviolets nocifs. En Antarctique, le « trou d'ozone » (qui correspond à une destruction de plus de la moitié du contenu total d’ozone en septembre-octobre) est un phénomène récurrent en raison des températures extrêmement basses dans la stratosphère chaque hiver.  

Les chercheurs et ingénieurs du Spectroscopy, Quantum Chemistry and Atmospheric Remote Sensing, Faculté des Sciences disposent d’observations par satellite (les 3 instruments IASI) pour surveiller l’ozone au jour le jour. « Cette année, le vortex stratosphérique en Antarctique est très stable. La première quinzaine de septembre est la période durant laquelle la destruction catalytique de l'ozone est la plus forte, mais elle peut se poursuivre tant qu'il fait assez froid, en théorie jusqu'en octobre. Les quantités de substances responsables de la diminution d’ozone diminuent comme prévu, mais certaines années les conditions météorologiques et dynamiques font que la superficie et l’amplitude du trou d’ozone est plus importante. L’an passé (2019), c’était la situation inverse et le trou d’ozone avait été très réduit! » souligne Cathy Clerbaux LATMOS-IPSL CNRS et ULB.



Tant que le contenu de la stratosphère en chlore et en brome demeure élevé, une forte diminution d’ozone semblable à celle observée cette année pourra se reproduire lors d’hivers antarctiques très froids. La destruction de l'ozone stratosphérique se produit dans les régions polaires lorsque les températures descendent en dessous de -80 °C. A ces températures, des nuages se forment dans la basse stratosphère et des réactions chimiques transforment des composés issus des halocarbures - et inoffensifs vis-à-vis de l’ozone -, en composés actifs. Ces processus conduisent à une destruction rapide de l'ozone au retour de la lumière solaire au-dessus du pôle. Selon le dernier rapport international d’évaluation de l’état de la couche d’ozone, l'ozone devrait retrouver son niveau des années 1980 autour de 2065 au pôle sud.



 
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