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Armée: le sentiment d’agentivité semble moins présent

Publié le 1 septembre 2020 Mis à jour le 1 septembre 2020

Une étude montre que travailler dans un environnement fortement hiérarchisé, telle que l’armée, a une influence négative sur le sentiment d’agentivité et sur la réponse neurale envers les conséquences de ses propres actions. Pourtant, pour des groupes suivant un entrainement mettant en avant la notion de responsabilité, comme celui que suivent les officiers militaires, cet effet n’est pas observable.

Dans l’étude qui est publiée ce lundi 31 août dans la revue Nature Communications, les auteurs se sont demandés dans quelle mesure l’organisation hiérarchique de l’armée pouvait avoir une influence sur le sentiment d’agentivité et sur le traitement neural des conséquences de nos propres actions.

« Nous voulions comprendre dans quelle mesure l’environnement militaire pourrait affecter nos mesures expérimentales du sentiment d’agentivité et le traitement neural. Nous voulions aussi comparer ces résultats pour différents rangs militaires : les officiers, qui donnent généralement les ordres, et les subordonnés, qui reçoivent ces ordres », explique Emilie Caspar - Centre de recherche Cognition et Neurosciences, Faculté des Sciences psychologiques et de l’éducation, Université libre de Bruxelles -, première auteure de cette étude.

« Les officiers sont entraînés à être responsables de leurs propres actions mais aussi des actions des troupes qu’ils commandent. Notre hypothèse était que les officiers pourraient avoir une expérience accrue d’être des agents responsables de leurs actes en comparaison avec les subordonnés », ajoute-t-elle.

Dans cette étude, les auteurs ont utilisé un paradigme expérimental assez simple, dans lequel deux volontaires se retrouvaient soit dans le rôle d’agent soit dans le rôle de ‘victime’. Le mot ‘victime’ est utilisé ici de manière métaphorique pour désigner les rôles pendant l’expérience, qui a respecté les autorisations éthiques, de consentement éclairé et la déclaration de Helsinki.

En accord, tous les participants pouvaient donc stopper leur participation quand ils le voulaient, sans fournir d’explication, et sans aucune conséquence professionnelle ou personnelle. Les agents étaient soit libres d’envoyer un choc électrique relativement douloureux à la ‘victime’ en échange d’une rétribution monétaire de 5 centimes d’euro, soit en recevaient l’ordre de la part de l’expérimentateur. Pendant la tâche, les auteurs ont utilisé une méthode implicite basée sur la perception du temps pour mesurer le sentiment d’agentivité et ont enregistré l’activité électrique cérébrale des agents à l’aide d’un électroencéphalogramme. Les auteurs ont calculé un « effet de coercition », représentant la différence entre la condition coercitive et la condition de libre-choix.

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Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be