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Au Brésil, le virus prend l’avion

Publié le 5 août 2020 Mis à jour le 5 août 2020

Simon Dellicour, chercheur dans le Laboratoire d’Epidémiologie Spatiale de l’ULB, a co-écrit une étude publiée dans Science sur la propagation du virus au Brésil. Les chercheurs montrent que le virus a d’abord circulé localement avant de s’étendre aux quatre coins du pays, très probablement à cause des voyages en avion.

Des chercheurs ont étudié la dispersion du SARS-CoV-2, virus responsable du COVID-19, à travers le Brésil. Simon Dellicour, chercheur dans le Laboratoire d’Epidémiologie Spatiale, qui a travaillé sur des analyses similaires au niveau de la Belgique, a collaboré sur cette étude avec des collègues de plusieurs universités brésiliennes et anglaises. Celle-ci a été publiée dans la revue Science.

Le Brésil est actuellement l’un des pays les plus touchés au monde par l’épidémie de COVID-19. En utilisant un modèle de transmission basé sur la mobilité, les chercheurs montrent que les mesures non-pharmaceutiques (confinement, distances physiques, etc) ont permis de réduire le taux de reproduction du virus de + de 3 à 1-1,6 à São Paulo et à Rio de Janeiro.

Ils ont également séquencé et analysé 427 nouveaux génomes viraux échantillonnés à travers le Brésil. Ces analyses ont dans un premier temps permis d’identifier plus de 100 événements d’introductions indépendants dans le pays, mais aussi que la plupart de ces introductions (~75%) provenaient d’Europe (fin février/début mars). Ces analyses ont ensuite permis d’estimer l’histoire et la dynamique de dispersion des lignées virales sur le territoire brésilien. Dans un premier temps, le virus a circulé localement, en restant au sein des frontières des différents états du Brésil. Mais dans un second temps, le virus a commencé à circuler depuis les grands centres urbains vers le reste du pays. Malgré une forte baisse des voyages aériens, cela coïncide avec une augmentation de la distance parcourue grâce aux vols intérieurs sur la même période.

Ces résultats montrent notamment que les mesures actuelles demeurent insuffisantes pour garder le contrôle sur la transmission du virus à travers le pays.