Publié le 11 juin 2020 Mis à jour le 17 juin 2020

Une étude démontre que l’inactivation spécifique du gène mTOR dans une région spécifique du cerveau (le striatum) induit une diminution des interactions sociales, une diminution de la locomotion spontanée et une altération des comportements répétitifs, mimant ainsi des symptômes des troubles du spectre autistique (TSA).

Les troubles du spectre autistique (TSA)  touchent 1 à 2% de la population et ont une composante génétique importante. Parmi les gènes candidats, plusieurs gènes impliqués dans la voie de signalisation de mTOR ont été identifiés. La voie mTOR joue un rôle très important dans des fonctions cellulaires aussi diverses que la croissance cellulaire, la synthèse des protéines, la dynamique du cytosquelette ou l’excitabilité des neurones. Comment et où dans le cerveau cette voie joue un rôle dans les TSA sont donc des questions fondamentales pour avancer dans la compréhension et le traitement de cette pathologie.

Une étude, publiée dans Biological Psychiatry par une équipe de l’ULB Neuroscience Institute supervisée par Alban de Kerchove d’Exaerde au Laboratoire de Neurophysiologie, a démontré à l’aide de souris transgéniques que l’inactivation spécifique du gène mTOR  dans une population neuronale du striatum (région du cerveau impliquée dans le contrôle moteur et le circuit de la récompense) a des effets remarquables sur leur comportements.

"On a pu remarquer une diminution des interactions sociales, une diminution de la locomotion spontanée et une altération des comportements répétitifs chez ces souris, mimant ainsi des symptômes des TSA", souligne Alban de Kerchove d’Exaerde.

Les chercheurs ont également montré que la perte de mTOR dans les neurones ciblés induisait des modifications de leurs  propriétés électriques par le biais d’un canal ionique spécifique (Kv1.1) et que cette anomalie pouvait être résolue en bloquant ce canal. Ils ont aussi observé par microscopie  que la perte de mTOR modifiait la structure des neurones en diminuant leurs arborescences suite à une altération du recyclage des membranes cellulaires et qu’on pouvait restaurer une arborisation normale en bloquant une protéine spécifique appelée RhoA.

Ces découvertes pourraient mener au développement de nouveaux traitements, plus ciblés, non seulement des troubles du spectre autistique, mais également d’autres maladies psychiatriques comme la schizophrénie ou des maladies neurodégénératives comme le Parkinson.

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