Publié le 20 février 2019 Mis à jour le 11 mars 2019

Depuis son origine jusqu'aux "gilets jaunes", l'automobilisme incarne les divisions sociales. Evocation dans le livre "Sociologie de l'automobile".

Depuis les années 70, l'automobile s'est progressivement imposée comme le mode de transport principal dans les pays développés. Dès lors, elle est devenue un objet de fantasmes pour l'ensemble de la population, mais aussi de divisions.

Le mouvement des « gilets jaunes » rappelle ainsi que les fractures autour de la voiture et de son utilité sont toujours bien présentes. Pierre Lannoy - Metices, Faculté de Philosophie et Sciences sociales - et Yoann Demoli - Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines - viennent de publier une synthèse sociologique d'un siècle d'histoire de l'automobile et des divisions sociales qui la traversent, dans le livre « Sociologie de l'automobile ».

Outre les divergences liées aux modes de vie, l'ouvrage souligne que la voiture est aussi un terrain où s'expriment les différences entre femmes et hommes. Pour Pierre Lannoy, quand les statistiques disponibles montrent que les hommes achètent systématiquement des véhicules plus lourds que les femmes, il est clair que l'enjeu est d'exprimer son statut social et non ses goûts personnels.

Aujourd'hui, ses recherches se concentrent sur la compréhension du paradoxe entre le désir apparemment généralisé de diminuer l'impact de la voiture et l'augmentation constante du parc automobile en Belgique et en Europe. Il étudie ainsi les mécanismes de dépendance à l'automobile. Un phénomène qui, selon lui, est et sera à l'origine de conflits sociaux entre ceux qui sont en mesure de se passer de l'automobile et ceux pour qui elle est indispensable vu leur situation socio-économique.

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