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Bois du Cazier : 60 ans après, des archéologues aident à identifier les victimes

Publié le 10 novembre 2021 Mis à jour le 12 novembre 2021

Soixante-cinq ans après la catastrophe du Bois du Cazier, une équipe d’archéologues du CReAPatrimoine est impliquée dans une mission de grande envergure d’identification des victimes.

Le 8 août 1956, au cœur des charbonnages du Bois du Cazier, une erreur humaine occasionne une catastrophe sans précédent qui marquera le pays tout entier. Deux cent soixante-deux mineurs périssent au fond de la mine. La très grande majorité d'entre eux, de diverses nationalités, furent à l’époque identifiée par leurs proches, à l'exception de dix-sept d'entre eux restés jusqu'à aujourd'hui inconnus.

Une opération mettant à profit les nouvelles techniques modernes d'identification biologique a débuté le 4 octobre dernier. Pour mener à bien ce devoir de mémoire envers les familles des victimes, le Disaster Victim Idenfitication (DVI) de la Police fédérale a fédéré de nombreux acteurs et experts autour de lui : des médecins légistes, des odontologues, des spécialistes ADN, des archéologues et des anthropologues.

Parmi ces spécialistes, Caroline Polet et Alexandra Boucherie du CReA-Patrimoine, Faculté de Philosophie et Sciences sociales.

Du 4 au 6 octobre, les exhumations des dix-sept personnes non identifiées ont eu lieu au cimetière de Marcinelle.
Sur le terrain, Alexandra Boucherie et Caroline Polet ont assisté les équipes du DVI afin d’assurer la collecte exhaustive des restes humains. Une fois le niveau des cercueils en zinc repéré avec la pelleteuse, leur dégagement a été réalisé en appliquant les techniques habituelles de l’archéologie à l’aide de pioches, pelles et truelles. La fouille minutieuse du sédiment a été complémentée par un tamisage systématique pour garantir la récolte de tous les ossements ainsi que d’éventuels éléments accompagnant les défunts comme des boutons de vêtements.

L’aide des archéo-anthropologues associée aux médecins légistes est également cruciale pour la phase suivante qui se déroule actuellement aux Pompes funèbres Fontaine à Gilly. Ici, l’examen anthropologique des restes a pour but d’établir le profil biologique de chaque défunt en caractérisant son sexe biologique, en donnant une estimation de son âge, de sa stature, et en repérant d’éventuelles pathologies ou fractures.

Les résultats de ce travail de grande ampleur sont attendus pour le 8 août 2022 lors de la journée d’hommage aux victimes de la catastrophe au Bois du Cazier.
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Communication Recherche : com.recherche@ulb.be