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Cancer du foie lié à l’alcool : identification de nouveaux gènes impliqués

Publié le 14 décembre 2021 Mis à jour le 14 décembre 2021

Une équipe de chercheurs a mené la première étude dite d’association pangénomique pour le cancer du foie lié à l’alcool. Cette étude a permis de comparer le génome de milliers d’individus ayant une consommation excessive et chronique d’alcool et ayant développé ou non un carcinome hépatocellulaire (CHC), cancer du foie le plus fréquent et troisième cause de décès par cancer dans le monde.

Cancer du foie le plus fréquent, le carcinome hépatocellulaire (CHC) est la troisième cause de décès par cancer dans le monde. En Belgique et dans de nombreux pays occidentaux, la consommation excessive et chronique d’alcool est le facteur prépondérant à l’origine de cette maladie. Bien que le risque de développer un cancer du foie augmente parallèlement à la sévérité des lésions hépatiques induite par l’alcool, un cancer du foie ne se développera que chez une minorité des grands buveurs chroniques. Ce constat suggère que des facteurs génétiques sont impliqués dans l’évolution des lésions hépatiques vers un CHC. Comprendre pourquoi certains malades développent un CHC et d’autres non est la question qui a été notamment posée par l’équipe du Pr Jacques Devière à l’hôpital Erasme et l’ULB.

En collaboration avec des chercheurs français, le Pr Eric Trépo, gastroentérologue à l’hôpital Erasme et chercheur qualifié du Fonds de la Recherche Scientifique – FNRS de l’ULB a mené la première étude dite d’association pangénomique pour le cancer du foie lié à l’alcool publiée le 11 décembre 2021 dans The Lancet Oncology. Plus précisément, cette étude a permis de comparer le génome de milliers d’individus ayant une consommation excessive et chronique d’alcool et ayant développé ou non un CHC. Les chercheurs ont  identifié deux nouveaux gènes, WNT3A-WNT9A, dont certaines variations génétiques sont associées à un risque diminué de développer un CHC chez les patients avec une consommation excessive et chronique d’alcool. Ces variations génétiques pourraient influencer la réaction du système immunitaire dans le sens d’un effet protecteur contre le développement d’un CHC. Les chercheurs ont également confirmé que des variations génétiques au niveau d’autres gènes (PNPLA3, TM6SF2, HSD17B13) modulaient le risque de CHC lié à l’alcool. Ces résultats permettent de mieux comprendre les mécanismes d’interaction entre l’exposition à l’alcool et la diversité génétique des individus conduisant au développement d’un cancer du foie.

Bien que des variations génétiques, présentes chez tous les individus, peuvent influencer modestement le risque de CHC induit par l’alcool, il est important de rappeler que limiter sa consommation d’alcool a un impact nettement plus important sur la prévention du risque de cancer du foie. Par ailleurs, cette étude pourrait contribuer à une meilleure compréhension des mécanismes liés au développement d’un CHC induit par l’alcool et ouvre de nouvelles voies de recherche pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour lutter contre le cancer du foie.

Contact
Communication Recherche : com.recherche@ulb.be