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Allonger le congé de paternité: un levier pour l’égalité hommes-femmes?

Publié le 5 février 2020 Mis à jour le 10 février 2020

Allonger le congé de paternité est-il un levier pour lutter contre les inégalités entre hommes et femmes ? Des recherches se penchent sur la question.

Très récemment, plusieurs propositions de loi ont été déposées au Parlement fédéral, visant à allonger le congé de paternité ou à le rendre obligatoire. Et cela alors que, parallèlement, un congé de paternité vient d’être créé en faveur des travailleurs indépendants. S’agit-il d’un levier pour lutter contre les inégalités entre hommes et femmes ? Avec quel impact ? Nos chercheurs se penchent sur la question.

Ilan Tojerow et Sébastien Fontenay (DULBEA, ULB) ont analysé comment l’introduction du congé de paternité peut modifier le risque accru pour les femmes d’entrer en incapacité de travail suite à la naissance de leurs enfants.

Ils démontrent que les femmes qui vivent avec un compagnon qui peut bénéficier d’un congé de paternité sont moins susceptibles de connaitre une période d’incapacité de travail.

Sur les douze années qui suivent la naissance de leur premier enfant, cela représente une diminution de 20% du nombre de jours en incapacité de travail. 

De son côté, Elise Dermine (Centre de Droit public, ULB) examine s’il existe des arguments juridiques en vue d’une réforme du congé de paternité. Il apparaît très difficile d’argumenter, en droit, que la brièveté du congé de paternité (10 jours) en comparaison à la longueur du congé de maternité (15 semaines) constituerait une discrimination à l’égard des pères. En effet, les congés de maternité se sont construits comme un moyen de protéger la santé des femmes même si, dans les faits, il s’agissait également de pourvoir aux soins de l’enfant.

Elise Dermine propose dès lors une voie juridique alternative pour plaider l’allongement du congé de paternité : soulever une distinction discriminatoire entre les pères biologiques et les pères adoptifs dans leur jouissance du droit fondamental à une vie familiale.

En Belgique, les pères adoptifs ont en effet le droit de prendre 6 semaines de congé d’adoption lorsque l’enfant arrive dans le foyer et pourront à terme se répartir cinq semaines supplémentaires avec l’autre parent.

Les chercheurs présenteront les résultats de leurs recherches lors d'un débat le mercredi 19 février, dans le cadre d'une rencontre hommage à Eliane Vogel-Polsky, professeure de droit social à l’ULB de 1969 à 1991, avocate et féministe engagée.

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Service Communication Recherche : 02 650 98 98 // com.recherche@ulb.ac.be