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Coronavirus saisonniers en Belgique: leçons à en tirer

Publié le 28 janvier 2021 Mis à jour le 28 janvier 2021

Les coronavirus saisonniers peuvent parfois être associés à des manifestations sévères, conduisant à une hospitalisation jusqu’aux soins intensifs, voire au décès. Des situations dues à une co-infection (pour les enfants de moins de 5 ans) ou à des facteurs de co-morbidité pour les adultes de plus de 65 ans – comme vient de l’analyser un collectif de chercheurs.

Les coronavirus zoonotiques ont conduit à des épidémies au cours des 20 dernières années ; la pandémie de COVID-19 en est l’illustration majeure.

Mais d’autres coronavirus, dits saisonniers – sCoVs – circulent également parmi nous, causant des maladies respiratoires parfois graves. Leur épidémiologie a pourtant été peu explorée jusqu’à présent.

Dans un article publié dans The Lancet Microbe, des chercheurs – parmi lesquels (2e auteur) Nicolas Dauby, spécialiste post doctorant FNRS en Faculté de Médecine ULB et CHU Saint-Pierre – étudient l’épidémiologie de ces coronavirus saisonniers et estiment la charge sur les soins de santé et hospitaliers qu’ont représenté les virus sCoVs OC43, NL63 et 229E, en Belgique, de 2015 à 2020.

S’appuyant sur les données du réseau national de surveillance de la grippe, l’étude a porté sur 2.573 malades en « soins primaires » et 6.494 hospitalisations au cours des cinq derniers hivers.

La prévalence d’infections au sCoV était de 6,3% en soins primaires et 5,7% en hospitalisation. Souvent considérés comme bénins (un simple rhume), ces coronavirus saisonniers peuvent pourtant être associés à des manifestations sévères et représentent alors un fardeau sur les soins de santé. Le virus OC43 a conduit le plus à l’hospitalisation d’enfants de moins de 5 ans et d’adultes de plus de 65 ans.

Pour les malades hospitalisés, 73,3% des cas amenant à des complications (pneumonie, syndrome de détresse respiratoire aigu…) voire au décès présentaient au moins un facteur de risque potentiel.

Les causes de complication varient selon les âges : chez les enfants de moins de 5 ans, elles sont en majorité dues à  une co-infection par un autre virus respiratoire tandis que chez les adultes de plus de 65 ans, les complications sont liées  à des facteurs de co-morbidité préexistants (et non à une co-infection).

Les chercheurs suggèrent que ces âges sont clefs et devraient donc être observés dans les soins de santé et les stratégies de vaccination. Ils insistent aussi sur l’importance de prendre en compte les co-infections chez les enfants lors du diagnostic et du traitement.

Enfin, ils soulignent l’importance des systèmes de surveillance nationale de la grippe (SARI) pour détecter rapidement et monitorer les virus saisonniers sCoV et des coronavirus émergeants tels que le SARS-CoV-2. Le réseau SARI, piloté par Sciensano, a en effet permis de détecter les premiers cas d'infections à SARSCoV2 en Belgique.

Contact
Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be