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COVID-19 : A faible dose, l’hydroxychloroquine est associée à une baisse de la mortalité

Publié le 1 septembre 2020 Mis à jour le 1 septembre 2020

Un des traitements testés au début de la pandémie est l’hydroxychloroquine. A haute dose, ce traitement n’a pas entraîné de baisse de la mortalité dans un essai clinique. Mais une étude belge observationnelle montre qu’à faible dose, il est associé à une baisse de la mortalité. Un des auteurs est Nicolas Dauby, post-doctorant FNRS en Faculté de Médecine.

En Belgique, une large étude dirigée par Sciensano a été menée dans plus de 100 hôpitaux belges. Près de 8.000 patients hospitalisés ont été étudiés. Les patients ayant reçu de l’hydroxychloroquine ont été comparés à ceux qui n’en avaient pas reçu. Résultats : l’utilisation de cette molécule est associée à une diminution de la mortalité.

L’étude a été publiée dans International Journal of Antimicrobial Agents. L’un des auteurs de l’étude est Nicolas Dauby, spécialiste des maladies infectieuses CHU Saint-Pierre, post-doctorant FNRS à l’Institut d’Immunologie médicale – Faculté de Médecine, ULB.

La différence par rapport aux autres études – qui ne montraient aucune diminution - réside dans la dose : une faible dose a été utilisée en Belgique (2400 mg pendant cinq jours) et également le nombre important de patients inclus dans des dizaines d’hôpitaux. Parmi les 8075 patients, les taux de mortalité étaient de 17% pour ceux qui ont reçu le traitement (4542 patients) contre 27% pour l’autre groupe. « Les deux groupes diffèrent au niveau de l’âge et de la comorbidité : ceux qui ont reçu la molécule étaient plus jeunes mais avaient une maladie plus sévère et des marqueurs inflammatoires plus élevés. Des méthodes statistiques robustes ont été utilisées afin de corriger ces différences et les données ont été analysées de manière indépendante par des chercheurs de Sciensano et de l’UGent.

L’hypothèse est donc que ce n’est pas l’effet antiviral qui a bénéficié aux patients mais bien l’effet anti-inflammatoire. C’est d’ailleurs pour cet effet que ce traitement est utilisé dans le cas du lupus par exemple. Aujourd’hui, on sait que ce qui tue les patients atteints par le COVID-19, c’est principalement la réaction inflammatoire secondaire», explique Nicolas Dauby. Les résultats de l’essai clinique RECOVERY qui ont montré un bénéfice de l’antiinflammatoire Dexaméthasone sur la mortalité vont dans ce sens.

Pour autant, l’hydroxychloroquine n’est plus utilisée depuis la fin mai en Belgique car l'essai clinique randomisé RECOVERY (mené en Grande-Bretagne) utilisant des hautes doses d’hydroxychloroquine n’a pas montré de bénéfice. L’OMS a également arrêté son essai clinique à base d’hydroxychloroquine. « On ne peut donc pas positionner ce traitement pour le COVID-19 mais il faut garder en tête son effet anti-inflammatoire potentiel », souligne le chercheur.

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Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be