1. Actus & Agenda
  2. FR
  3. Actus
  4. Recherche

COVID-19 : les atteintes vasculaires cérébrales mieux comprises

Publié le 17 juin 2020 Mis à jour le 17 juin 2020

Une étude de neuroimagerie réalisée à l’Hôpital Érasme démontre l'existence d'anomalies du réseau vasculaire cérébral chez 20% de patients décédés du COVID-19. Par contre, elle ne soutient pas l'hypothèse d'un dysfonctionnement des centres respiratoires suite à une dissémination cérébrale du coronavirus.

Le coronavirus responsable du COVID-19, comme d’autres virus de sa catégorie, est susceptible d’attaquer le système nerveux humain. « En effet, la clé d'entrée du virus dans les cellules de l'organisme humain — le récepteur ACE2 — est présente dans le cerveau, et en particulier sur la membrane des neurones qui règlent les fonctions cardio-respiratoires », explique Xavier De Tiège, neurologue à l’Hôpital Académique Erasme et auteur d’une étude publiée dans la revue Neurology.

Une question s’est donc posée : la dissémination du coronavirus dans le cerveau au niveau des centres nerveux de la respiration ne contribue-t-elle pas à la sévérité de la détresse respiratoire dans cette maladie ?

Ont mené cette étude : Tim Coolen, Valentina Lolli, Antonin Rovaï, Nicola Trotta, Serge Goldman et Xavier De Tiège (chercheurs à l’Hôpital Erasme et au sein du Laboratoire de Cartographie fonctionnelle du Cerveau, Neuroscience Institute – Faculté de Médecine) ainsi que Niloufar Sadeghi, Fabio Taccone, Jacques Creteur, Sophie Henrard, Jean-Christophe Goffard, Olivier Dewitte, Gilles Naeije (Hôpital Erasme).

Ils ont observé par imagerie par résonance magnétique (IRM) le cerveau de patients décédés du COVID-19. Les images obtenues montrent que 20% des patients décédés présentent des lésions cérébrales. Celles-ci se manifestent sous la forme d'hémorragies ou d'œdème touchant de façon prédominante les parties postérieures du cerveau. Ces atteintes semblent liées à une attaque directe de la paroi des vaisseaux cérébraux par le coronavirus. Toutefois, l’hypoxie sévère et les troubles de la coagulation qui caractérisent les formes sévères du COVID-19 ont pu jouer un rôle dans l’apparition de ces lésions cérébrales.

Cette étude a aussi démontré des asymétries du bulbe des nerfs olfactifs dans 20% des cerveaux examinés.

Cette observation pourrait expliquer la perte de l'olfaction fréquemment présentée par les patients atteints par le COVID-19 », poursuit Xavier De Tiège. 


Enfin, les chercheurs ont aussi constaté qu’il n’y avait pas de lien entre les atteintes cérébrales et les troubles de la respiration. « Notre étude n’a mis en évidence aucune anomalie dans les régions du tronc cérébral où se situent les centres nerveux de la respiration. Elle ne soutient donc pas l'hypothèse d'un dysfonctionnement des centres respiratoires suite à une dissémination cérébrale du coronavirus », conclut le chercheur.  

Contact
Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be