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CurieuzenAir dévoile une disparité notable des niveaux de pollution de l'air à Bruxelles

Publié le 18 mars 2022 Mis à jour le 18 mars 2022

Pendant un mois, 3 000 Bruxellois ont cartographié la concentration de dioxyde d'azote dans leur rue, un indicateur clé de la pollution atmosphérique due au trafic. L'ensemble de données unique de CurieuzenAir montre en détail l'impact du trafic, mettant en évidence que les quartiers socio-économiquement vulnérables sont plus susceptibles de souffrir d'une mauvaise qualité de l'air.

Du 25 septembre au 23 octobre 2021, 3 000 Bruxellois ont participé à CurieuzenAir, la plus grande enquête citoyenne jamais menée sur la qualité de l'air dans notre capitale. Les citoyens scientifiques ont mesuré la concentration de dioxyde d'azote (NO2) dans leur rue pendant un mois à l'aide d'un appareil de mesure placé sur leur façade. Le projet se traduit par un ensemble de données unique qui permet de dresser une carte très détaillée de l'influence du trafic sur la qualité de l'air à Bruxelles. Les résultats vont d'une qualité de l'air "excellente" à une qualité de l'air "extrêmement mauvaise" dans tout Bruxelles, avec un contraste marqué entre les quartiers socio-économiquement vulnérables et les quartiers verts et aisés. Enfin, CurieuzenAir apporte également de bonnes nouvelles : les données montrent que la qualité de l'air à Bruxelles s'est considérablement améliorée ces dernières années.


Des différences significatives et marquantes à travers Bruxelles

La base de données CurieuzenAir fournit une image très détaillée de la qualité de l'air dans les différents quartiers de Bruxelles. Les concentrations de NO2 montrent des différences remarquables entre les quartiers, les rues et parfois au sein d'une même rue. Les chercheurs de l'Université libre de Bruxelles ont comparé les données de CurieuzenAir aux caractéristiques socio-économiques des différents quartiers.


“Les trois quartiers où la qualité de l'air est la meilleure de la région sont situés à Uccle et les trois quartiers où la concentration de NO2 est la plus élevée se trouvent dans le centre-ville et près de la Peinte Ceinture.” explique Dirk Jacobs, professeur en sociologie à l'ULB.



L'ensemble des données de CurieuzenAir indique clairement que ces différences s'expliquent par les émissions du trafic bruxellois. La plus faible concentration de NO2, 6,2 μg/m3, a été mesurée au milieu de la forêt de Soignes, un endroit épargné des émissions du trafic. La plus faible concentration de NO2 dans une zone résidentielle (8,1 μg/m3) a été mesurée sur une façade de la Rue Chant d’Oiseaux à Anderlecht. Il s'agit d'une valeur remarquable pour un environnement urbain, où les valeurs mesurées inférieures à 10 μg/m3 sont généralement moins fréquentes. Cette valeur indique qu'il existe également des zones résidentielles à Bruxelles où la qualité de l'air est très bonne.

À l'autre bout du spectre, il y a aussi des valeurs aberrantes. La valeur de mesure la plus élevée (60,5 μg/m3) a été enregistrée le long du très fréquenté Boulevard de Nieuport, mais certains points de mesure le long du Petit Ring dépassent également la limite de 50 μg/m3. Ces valeurs élevées s'expliquent par la combinaison d'un trafic intense et d'une faible circulation de l'air due aux immeubles de grande hauteur. Olivier Brasseur, expert qualité de l’air à Bruxelles Environnement, explique que : “Les concentrations les plus élevées en dioxyde d'azote sont atteintes dans les sites à trafic dense et amplifiées par un "effet canyon", c'est-à-dire la présence de bâtiments de part et d'autre de la rue qui limite la dispersion des polluants. On constate aussi, et c’est plus surprenant, que les concentrations de NO2 peuvent varier significativement au sein d'une même rue. Cela peut s'expliquer par la configuration de la rue qui peut être plus ou moins ventilée suivant l'endroit considéré.” En outre, la circulation aux carrefours et les embouteillages aux heures de pointe du matin et du soir provoquent une augmentation des émissions et des pics élevés. Cela se traduit par des points rouges et violets sur la carte à points de CurieuzenAir.
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Communication Recherche : com.recherche@ulb.be