Publié le 7 novembre 2019 Mis à jour le 7 novembre 2019

Des souris "humanisées" vont aider les chercheurs à mieux comprendre l’étrange comportement des macrophages dans l’environnement tumoral.

La souris est un organisme modèle fréquemment utilisé en recherche fondamentale, et notamment en immunologie. Pour étudier les macrophages, les ‘sentinelles’ de notre corps, cela pose cependant problème : il existe en effet des différences importantes entre les macrophages humains et ceux de souris, ce qui rend de nombreux phénomènes observables chez le rongeur non-transposables chez l’homme.

Grâce à une bourse Win2Wal, l’équipe de Stanislas Goriely (Institut d’Immunologie Médicale - BioPark, Faculté de Médecine) va développer l’usage de souris transgéniques contournant ce problème. Crées à l’Université de Yale (USA), ces souris sont capables de recréer un système immunitaire fonctionnel lorsqu’on leur implante des cellules souches humaines.

"En collaboration avec l’Institut De Duve de l’UCLouvain, nous allons développer des modèles tumoraux dans ces souris, recréant ainsi un microenvironnement tumoral humain"

Objectif : étudier les interactions entre cellules tumorales et macrophages, mais aussi entre les macrophages et les autres cellules immunitaires", explique Stanislas Goriely.

Censés repérer les agents pathogènes (virus, bactéries, etc.) tentant de nous rendre malades, les macrophages semblent en effet changer de camp en cas de cancer : ils soutiennent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et donc la croissance tumorale. Ils semblent aussi empêcher la réponse aux traitements, notamment l’immunothérapie.

Comprendre comment et pourquoi les macrophages se comportent de cette façon est donc un important enjeu de recherche. Financé à hauteur de 1,2 million d’euros sur 4 ans, le but final du programme de recherche "HumaMice" est de trouver le moyen de reprogrammer correctement les macrophages. Et, ainsi, de priver la tumeur de ces alliés de poids.