Publié le 15 octobre 2019 Mis à jour le 15 octobre 2019

Le diabète touche 8% de la population belge. Causes de la maladie, diagnostic, traitements… Focus sur les principales pistes de recherche menées à l’ULB.

Le diabète touche aujourd’hui quelque 425 millions d’individus dans le monde et 8% de la population en Belgique. À l’origine de la maladie : la défaillance des cellules bêta du pancréas, productrices d’insuline. Plusieurs causes génétiques et environnementales sont à l’origine de cette anomalie.

Un chantier multidisciplinaire

"On sait aujourd’hui que le diabète ne résulte pas de la mutation d’un seul gène

il faut interroger les 20.000 gènes du génome humain pour trouver les gènes ou combinaisons de gènes impliqués. Un chantier colossal qui nécessite des approches multidisciplinaires", explique Miriam Cnop, directrice de l’ULB Center for Diabetes Research :

La chercheuse coordonne le projet européen Horizon 2020 "T2DSystems", centré sur le diabète de type 2, afin d’identifier de nouveaux facteurs génétiques et environnementaux. Explications de cette recherche multidisciplinaire en vidéo :

Les équipes de Miriam Cnop et de Decio Eizirik (ULB Center for Diabetes Research) collaborent également au projet européen INNODIA. Dans le volet clinique d’INNODIA, les membres de la famille des patients diabétiques de type 1 sont invités à faire une prise de sang pour évaluer leur risque de développer cette forme de diabète. Ils contribuent ainsi à comprendre pourquoi on développe cette maladie.

Améliorer le diagnostic

Les recherches portent aussi sur l’amélioration du diagnostic, afin de concevoir des traitements personnalisés. Coordonné par l’ULB, le projet Innoviris ‘DiaType’ rassemble neuf partenaires bruxellois autour de la recherche clinique et fondamentale sur les diabètes de type 1, de type 2 et des formes monogéniques.

Le projet a pour but de proposer aux patients un traitement « de précision » sur base d’un diagnostic des causes spécifiques de leur maladie - contrairement au diagnostic classique, basé essentiellement sur la mesure du taux de sucre dans le sang. Les chercheurs évaluent aussi l’impact d’un entraînement physique sur la santé des patients.

"Après un peu plus d’une année de recherche, les premiers résultats du projet DiaType sont prometteurs",

souligne Miriam Cnop, coordinatrice du projet. Les chercheurs ont en effet découvert que l’entraînement physique protège les cellules bêta pancréatiques contre l’apoptose (mort programmée des cellules). Ils ont aussi identifié un nouveau biomarqueur, qui permet de visualiser en imagerie des cellules bêta humaines dans un modèle expérimental.  Ce pourrait être les prémices d’une nouvelle méthode de diagnostic et suivi :

à l’avenir, les médecins pourraient visualiser grâce à l’imagerie médicale si un patient diabétique présente une réduction de son capital de cellules bêta pancréatiques.

Par ailleurs, les équipes ont recréé des cellules bêta du pancréas, productrices d’insuline, à partir de cellules souches induites provenant de patients diabétiques. Ces cellules leur ont permis d’établir les mécanismes responsables du développement de la maladie pour deux formes monogéniques du diabète, ainsi que de lancer des essais de nouvelles approches thérapeutiques très encourageantes.

L’arbre qui cache la forêt

Cellules

Le diabète est l’exemple le plus connu de ce que l’on appelle les "désordres métaboliques". C’est donc une maladie modèle idéale pour étudier ces nombreuses autres affections. À l’ULB, Esteban Gurzov et ses collègues étudient, à l’ULB Center for Diabetes Research, des protéines appelées protein tyrosine phosphatases (PTPs).

Les résultats récents de l'équipe suggèrent que ces protéines jouent le rôle d'interrupteurs moléculaires,

qui orientent le destin des cellules métaboliques vers le développement de maladies. L’hypothèse étudiée par Esteban Gurzov dans son projet ERC est que ces PTPs sont impactées par le contexte inflammatoire: il perturberait l'activité des protéines, ce qui pourrait déclencher le développement de maladie.

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Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be