Publié le 22 mars 2022 Mis à jour le 21 mars 2022

Jérémy Rabineau est chercheur en physiologie spatiale à l’École polytechnique de Bruxelles et spécialiste de la santé cardiovasculaire dans l'espace. Il part occasionnellement étudier les équipages des stations antarctiques dans des conditions d'isolement et de confinement proches de celles que l’on retrouve dans l’espace. À quelques jours de l'anniversaire des 30 ans de la mission Atlantis, il nous partage son expérience.

De décembre 2021 à février 2022, en partenariat avec l'Agence Spatiale Européenne (ESA) et l'Institut Polaire Français (IPEV), il y a étudié la qualité du sommeil dans deux stations en Antarctique : l'une au niveau de la mer et l'autre en altitude. En effet, en altitude la pression atmosphérique est réduite, ce qui peut induire des troubles du sommeil.

« Les astronautes sont confinés dans un espace clos, ils voient le Soleil se lever et se coucher 16 fois par jour, ce qui perturbe leur sommeil. Dans le cadre de l'exploration interplanétaire, les agences spatiales réfléchissent à exposer leurs astronautes à une atmosphère à pression réduite, pour faciliter leurs activités à l'extérieur de leur base. Cependant, cela pourrait diminuer encore leur qualité de sommeil et, sur le long-terme, mener à des problèmes cardiovasculaires », explique Jérémy Rabineau.

Les observations de Jérémy Rabineau portaient notamment sur les apnées du sommeil.

« Dans l’espace comme en Antarctique la réduction de la pression atmosphérique mène à des apnées du sommeil, jusqu’à 60 par heure. Le système cardiovasculaire est donc constamment en état d’alerte ce qui est très usant lorsque la situation se reproduit toutes les nuits pendant plusieurs mois », souligne Jérémy Rabineau.

Grâce à ses expériences, le chercheur espère en comprendre davantage sur les interactions entre le système cardiovasculaire et les apnées du sommeil ainsi qu’évaluer l’efficacité de nouveaux appareils de télémédecine pour la détection et le suivi de ces troubles du sommeil.
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