Publié le 19 mai 2021 Mis à jour le 19 mai 2021

Conversation du tac au tac avec Pablo Olivera de Mattos, docteur en histoire bénéficiant d’une bourse postdoctorale de l’ULB au sein d’AmericaS, le centre interdisciplinaire d’études des Amériques de la MSH. Ses recherches portent sur la circulation des intellectuels noirs dans la première moitié du XXe siècle.


La Belgique ?

Pablo: L’Art nouveau et le chocolat.

Ce qui vous a surpris en arrivant ?

Pablo: Découvrir que les "french fries", en fait, étaient des frites belges, et que "Ne me quitte pas", a été composé par un Belge. Aujourd'hui, bien sûr, je connais bien le travail de Jacques Brel, ses paroles m’ont aidé à apprendre le français.

Le Brésil ?

Pablo: Des personnes, de l'affection, des odeurs et des goûts.

Un Musée ?

Pablo: J’ai été très heureux de voir comment le musée de Tervuren a rassemblé des débats critiques sur le colonialisme et la relation avec sa collection. C'est certainement l'un des musées les plus importants sur l’Afrique centrale.

Votre double nationalité belgo-brésilienne ?

Pablo: C’est une des explications de mon intérêt intense pour l'histoire transnationale. Certes ici je ne mangerai pas les mangues du Brésil, tout comme au Brésil je ne mange pas un bon croissant.

Une personnalité ?

Pablo: George Padmore. Un intellectuel noir né à Trinidad en 1902, qui a combattu l'impérialisme et le colonialisme dans une perspective globale et internationaliste. Il était au cœur de mes recherches doctorales.

L’UNIA ?

Pablo: C’est une organisation fondée par Marcus Garvey et sa compagne de l'époque, Amy Ashwood, en Jamaïque en 1914. Le 1 août 1920, ils lancent la première Convention internationale des peuples nègres du monde. À la fin de la convention, dans une "Déclaration des droits des peuples nègres du monde", Garvey dénonce la condition noire dans le monde entier et les fondements panafricains de l’UNIA constitue la première véritable internationale noire.

Vos recherches à l’ULB ?

Pablo: Être lié au centre de recherche interdisciplinaire AmericaS m'offre l'opportunité d'être en contact avec plusieurs chercheurs du Canada, d'Europe et des Amériques, menant un débat fondamental sur le passé, le présent et, certainement, pour notre avenir. Accueillir une recherche centrée sur les relations raciales, au moment présent que nous traversons dans le monde (violence policière en Europe et dans les Amériques, mouvement Black Lives Matters, montée des gouvernements d'extrême droite) est certainement une attitude courageuse.

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Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be