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Lutter contre le cancer du sein en Afrique subsaharienne

Publié le 10 juillet 2024 Mis à jour le 10 juillet 2024

Comment mieux encadrer les politiques spécifiques de lutte contre le cancer du sein en Afrique subsaharienne ? Une étude dirigée par la Prof. Céline Mahieu, directrice du centre de recherche pour les Approches Sociales de la Santé de l’École de Santé Publique de l’ULB, et la Dr Jessica Martini, chercheuse à l’Observatoire Social Européen.

Le cancer du sein est la forme de cancer la plus fréquente et la plus mortelle chez la femme. Le taux de mortalité est encore plus élevé dans les pays défavorisés où les longs délais de diagnostic et de traitement laissent aux femmes de ces pays moins de chances de guérison. Une étude dirigée par la Prof. Céline Mahieu, directrice du centre de recherche pour les Approches Sociales de la Santé de l’École de Santé Publique de l’ULB, et la Dr Jessica Martini, chercheuse à l’Observatoire Social Européen, a permis la conception d’un cadre pour guider l’analyse,  la planification, la mise en œuvre et l'évaluation des politiques spécifiques de lutte contre le cancer du sein en Afrique subsaharienne.
 

En 2022, d’après l’Observatoire mondial du cancer , l’incidence du cancer du sein en Europe est de 75,6 cas pour 100 000 femmes contre 40,5/100 000 en Afrique. Pourtant le taux de survie à 5 ans est inférieur à 50% en Afrique subsaharienne contre 90% dans les pays à ressources élevées. Entre 28 et 37% de la mortalité dans les pays d’Afrique subsaharienne pourrait pourtant être évitée grâce à un diagnostic précoce.

Gloria Yawavi Gbenonsi, première autrice de cette étude, nous explique :
 

« à la vue de ces chiffres, il nous a semblé crucial d’analyser le contenu des politiques de lutte contre le cancer du sein dans cette région du monde, comment elles sont élaborées et mises en œuvre, si elles sont adaptées au contexte local et capables de renforcer la lutte contre cette maladie, et enfin quels acteurs sont impliqués. Surtout qu’à notre connaissance, aucun outil d’analyse globale et systémique des politiques en matière de cancer du sein n’a encore été développé au niveau mondial, et a fortiori encore moins un outil adapté à l’Afrique subsaharienne. »

L’étude révèle notamment l’importance et l’impact que les organisations de la société civile pourraient avoir sur les pouvoirs publics en matière de politique de lutte contre le cancer. Les gouvernements pouvant changer rapidement, ces organisations jouent un rôle essentiel dans le plaidoyer et le lobbying pour maintenir la lutte contre le cancer du sein à l'ordre du jour politique. De leur côté, les gouvernements doivent reprendre une responsabilité centrale et transparente dans l’adhésion et la coordination des multiples acteurs engagés, sans quoi la fragmentation du système de santé ira en s’accroissant. Bien évidemment, la question des sources de financements et la présence d’un personnel de santé qualifié, disponible et accessible représentent des enjeux majeurs pour soutenir les politiques gouvernementales dans un contexte de ressources limitées.
 

Bien d’autres composantes ont ainsi été mises en évidence afin de définir un cadre pour mettre en place et suivre une politique  locale de lutte efficace contre le cancer du sein en Afrique subsaharienne. Mais les autrices de cette étude se veulent optimistes sur ce sujet :
 

« Le Sénégal est un bon exemple à suivre pour l’Afrique subsaharienne. Grâce au travail des organisations, le gouvernement sénégalais a mis en place une chimiothérapie gratuite en 2019 pour toutes les femmes atteintes d’un cancer du sein, et trois ans plus tard, elle a étendu cette mesure à tous les traitements anticancéreux. Cet exemple démontre que l’accès aux soins contre le cancer pour tous est possible dans un pays aux ressources limitées. »

Si le fléau mondial que représente le cancer du sein est encore loin d’être totalement gagné, cette étude montre bien que l’espoir demeure, même dans les régions les plus défavorisées du monde.
 

Ce travail a été rendu possible grâce au soutien du programme doctoral MINI-ARC, de la Fondation Universitaire de Belgique, et de l’ULB.

Cet article a été rédigé dans le cadre d'une thèse de doctorat financée par l'Université libre de Bruxelles grâce à la bourse Mini-ARC. Il est publié avec le soutien de la Fondation Universitaire de Belgique et de l'Université libre de Bruxelles.