Publié le 5 février 2020 Mis à jour le 10 février 2020

Aujourd’hui, ça veut dire quoi être une femme scientifique ? Obstacles, expériences, combats, etc. À l’occasion, de la journée internationale des femmes et des filles de science, nos chercheuses témoignent :


Nadine Mattielli (Laboratoire G-Time, Faculté des Sciences)

Nadine Mattielli« Quand j’ai annoncé à mon père que je comptais réaliser une thèse en géologie, il était très heureux et fier de moi. Lorsque je lui ai fait savoir que je comptais poursuivre une carrière scientifique tout en ayant des enfants, il a quelque peu déchanté. Pour lui, une femme devait se consacrer à ses enfants. Mais, aujourd’hui, il est fier également. Les choses ont changé. En 1990, dans notre ancien département, quand j’ai commencé ma carrière, une seule femme avait été nommée comme chercheuse permanente ; aujourd’hui au sein de IGEOS (qui comprend notre Laboratoire G-Time) nous sommes quatre femmes sur neuf scientifiques. Pourtant, le géologue continue à être perçu comme un « homme » travaillant dans les carrières, ce qui donne à la profession un aspect « viril », mais les géologues sont bien plus que cela, ils sont les médecins de la terre, et pour cela, il n’y a pas de genre qui prévaut »


Émilie Caspar (Center for Research in Cognition & Neurosciences - CRCN, Faculté des Sciences psychologiques et de l’éducation)

Emilie Caspar

« On voit bien que les choses changent, que de nombreux organismes de financement tentent de respecter une meilleure parité homme-femme. Néanmoins, il semble que cette forte disparité en science influence, de manière souvent inconsciente, la manière dont les femmes écrivent leurs demandes de financement et projets de recherche. On m’a récemment dit que je devais me « vendre » plus pour demander des financements, que je n’avais pas à avoir peur de mettre plus en avant mon travail. Apparemment, plusieurs études ont montré que les femmes de science ont tendance à moins se mettre en avant, sans doute les séquelles de stéréotypes de genre assez tenace dans le milieu. »


Sarah Wauthy (Laboratoire de glaciologie, Faculté des Sciences)

Sarah Wauthy

« En novembre dernier, lors de la mission de carottage en Antarctique, qui s’inscrivait dans le projet Mass2Ant, nous étions trois femmes parmi les six scientifiques sur le terrain. Je n’ai senti aucune différence dans le traitement qui nous a été accordé, les mentalités changent… Avant de partir, j’avais contacté une chercheuse ayant été précédemment sur le terrain pour me renseigner sur les conditions d’hygiène, mais à part cela, le fait d’être une femme n’a altéré en rien ma préparation. Plus globalement, je ne me suis jamais sentie isolée ou défavorisée en tant que fille au cours de mon parcours académique, certains penseront peut-être que je suis « l’exception qui confirme la règle », mais je pense plutôt que j’ai bénéficié de l’évolution des mentalités. »



Orianne Bastin (Bio, Electro And Mechanical Systems - BEAMS, École polytechnique de Bruxelles)

Orianne Bastin

"Sans doute comme beaucoup de futurs ingénieurs, à l'école secondaire, j'aimais les sciences, les choses qui "coulaient de source". Je me suis lancée dans l'ingénierie, attirée par la pluridisciplinarité de cette formation et surtout son côté appliqué, orienté vers les solutions. Je pense que mon genre ne m'a jamais freinée dans un projet personnel ou professionnel. Peut-être même que, par défi, je me lance plus volontiers dans des disciplines associées, à tort, au genre masculin. Après mes études, j'ai entamé une thèse dont le sujet de recherche porte sur un nouveau dispositif médical qui permet de faire un traitement endoscopique de la paroi du tube digestif. Même si c’est un milieu essentiellement masculin (je suis la seule femme sur une dizaine de chercheurs au sein de mon service), j'ai l'occasion de travailler avec beaucoup d'autres partenaires (médecins, biologistes, chimistes), où les femmes sont un peu plus présentes."

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