1. Actus & Agenda
  2. FR
  3. Actus
  4. Recherche

Fécondité bruxelloise: les contrastes intra-urbains

Publié le 25 janvier 2021 Mis à jour le 25 janvier 2021

Le vieillissement de la population européenne est un fait désormais bien connu, qui résulte notamment du faible niveau de la fécondité observé dans de nombreux pays. Quels en sont les facteurs principaux ? Une diversité n’existe-t-elle pas si l’on préfère l’échelle d’analyse intra-urbaine aux chiffres par pays ? Dans Brussels Studies, Mathieu Buelens, chercheur en géographie analyse le cas particulier de Bruxelles.

À Bruxelles comme ailleurs, les pratiques reproductives sont largement déterminées par des facteurs socio-économiques tels que le niveau de revenu, d’éducation ou l’emploi. L’analyse de l’intensité et du calendrier de la fécondité pour l’aire métropolitaine bruxelloise débouche sur trois constats principaux. C’est le travail de recherche effectué par Mathieu Buelens, doctorant en géographie à l’ULB et publié dans Brussels Studies.

En premier lieu, les données confirment la plus forte fécondité des classes défavorisées sur le plan socio-économique, alors que la proportion de femmes restant sans enfant augmente avec les revenus et le niveau d’éducation.

Maternités précoces ou tardives? 

Toutefois, le deuxième constat relativise ces différences de fécondité : en réalité, ce n’est pas tant en matière d’intensité que les classes sociales se distinguent, mais sur le plan de leur calendrier. Les maternités précoces surviennent essentiellement dans les classes de revenu les plus basses (82 % des femmes ayant eu un enfant avant 20 ans sont aujourd’hui dans un ménage au revenu inférieur au revenu médian), tandis que ce sont les revenus les plus hauts qui sont le plus surreprésentés pour la fécondité tardive, apparaissant à la suite des importants investissements consentis en matière de formation et de carrière.

Une fécondité sous le seuil de renouvellement des générations 

Enfin, le troisième constat à retenir est qu’en dépit de la variabilité des comportements reproductifs selon le niveau de revenu, la fécondité de la population bruxelloise est aujourd’hui inférieure à la valeur de 2,1 enfants par femme, qui correspond au seuil de renouvellement des générations. Si Bruxelles n’était pas au cœur de dynamiques migratoires nationales et internationales complexes, sa population serait donc amenée à diminuer.

Les résultats présentés dans l’étude ont également pour originalité de croiser les dimensions sociales et spatiales de la fécondité. Aux variations de celle-ci correspondent les divisions spatiales classiques entre les espaces centraux et périphériques de l’aire bruxelloise, qui s’observent également dans les autres grandes villes belges et européennes (formes « extrêmes » dans le centre urbain dense, fécondité dans la norme ou influencée par les trentenaires en périphérie).

Des différences inexpliquées 

Le niveau de détail élevé de l’analyse sur le plan spatial met toutefois en évidence l’existence d’effets de contexte encore mal expliqués : à profil socio-économique et origine nationale identiques, les femmes adoptent en effet des comportements reproductifs différents selon les secteurs statistiques où elles résident. Des normes sociales locales, des migrations internes ou des différences d’accès au logement figurent sans doute parmi les facteurs explicatifs restant à étudier pour mieux comprendre les variations spatiales de la fécondité et les évolutions démographiques à venir.

Contact
Communication Recherche : Com.recherche@ulb.ac.be