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Financement climatique : une question à 100 milliards de dollars

Publié le 19 février 2021 Mis à jour le 19 février 2021

En 2009, les pays développés s’engageaient à mobiliser 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020 pour soutenir les pays pauvres dans leurs efforts d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux effets néfastes du changement climatique. Promesse tenue ?

Les pays développés sont censés soutenir les pays pauvres pour qu’ils puissent faire face au changement climatique. En 2009, il avait été convenu que les premiers aideraient les seconds à hauteur de 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020. Mais pour Romain Weikmans, chargé de recherches du FNRS au Centre d’études du développement durable (CEDD) – Faculté des Sciences, le bilan des dix dernières années est difficile à établir.

Dans un article publié dans la revue Nature Climate Change, il s’alarme avec plusieurs collègues des failles des promesses réalisées en la matière et de leurs conséquences sur la réponse mondiale face au défi du changement climatique.

C’est en particulier l’absence de méthodes de comptabilisation uniformes qui pose problème. En effet, en l’absence d’un cadre robuste pour suivre le respect des promesses financières formulées, il est tout simplement impossible de savoir si l’engagement des 100 milliards de dollars par an a été tenu. Mais tout semble indiquer que ce n’est pas le cas, avec des conséquences qui restent à voir sur la confiance entre négociateurs des pays riches et des pays pauvres dans les négociations internationales sur le climat.

Une autre source d’inquiétude concerne le manque de soutien apporté aux pays les plus pauvres pour les aider à faire face aux impacts du changement climatique. C’est ce que Romain Weikmans et ses collègues mettaient en évidence dans la dernière édition de l’Adaptation Gap Report publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement. La plupart des bailleurs internationaux préfèrent en effet financer des programmes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, plutôt que de répondre aux impacts du changement climatique qui touchent des populations déjà très vulnérables.

Malgré toutes les ambiguïtés qui les entourent, les promesses financières Nord-Sud restent un des ingrédients clés des négociations internationales sur le climat. » 

Cette question des transferts financiers Nord-Sud pour l’action climatique restera d’actualité puisque les pays riches se sont engagés à accroître leur mobilisation pour aider les pays pauvres à faire face au changement climatique et à fixer en 2025 un objectif financier supérieur aux 100 milliards de dollars par an promis en 2009.

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