Publié le 8 avril 2019 Mis à jour le 9 avril 2019

Comment l'aristocratie anglaise a-t-elle bénéficié des contrats d'héritage pour se maintenir au pouvoir?

Dans les années 1650, entre 30 et 40% des femmes mariées de l'aristocratie anglaise n'avaient pas d'enfants. Pourtant, cette noblesse a réussi à se maintenir au fil des siècles dans l'élite de la société, appuyant ainsi les inégalités sociales. Paula Gobbi, professeure au Centre de recherche ECARES - Solvay Brussels School of Economics and Management -, est partie de ce constat pour se poser la question suivante : comment les contrats d'héritage ont-ils aidé l'aristocratie à maintenir ses privilèges en dépit de ses taux d'infécondité élevés?

En utilisant des données généalogiques datant de 1650 à 1870, elle a constaté que les contrats d'héritage de la noblesse anglaise (« settlements ») avaient un impact positif sur la probabilité d'avoir (au moins) un enfant. En effet, lorsque l'un de ces contrats était signé, l'héritier ne pouvait plus rompre la fortune familiale et devait la préserver intacte pour la génération suivante. Il préférait donc la transmettre à un descendant proche plutôt qu'à un héritier inconnu.

Lors des 24e rencontres printanières des jeunes économistes, Paula Gobbi présentera les résultats de cette recherche, réalisée avec professeur Marc Goñi de l'Université de Vienne. Au-delà de la sphère aristocratique, Paula Gobbi s'intéresse à comment la démographie canalise les liens entre les différents systèmes d'héritage et les inégalités.

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