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Homo sapiens : le génome de quatre squelettes reconstitué

Publié le 23 janvier 2020 Mis à jour le 23 janvier 2020

Des chercheurs reconstituent le génome de quatre squelettes âgés de 8.000 et 3.000 ans. Cette recherche est le fruit d’une collaboration multidisciplinaire à laquelle a pris part l’équipe de Pierre de Maret.

Des chercheurs de l’Université d’Harvard ont reconstitué le génome de quatre squelettes, âgés respectivement de 8.000 et 3.000 ans. Publiée dans Nature, cette découverte trouve son origine dans un site archéologique dirigé par l’ULB, en collaboration avec le Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, l’Institut royal des Science naturelles de Belgique et de l’Université de Yaoundé I.

L’histoire démarre en effet dans les années 1990, sur le site de Shum Laka, au nord-ouest du Cameroun. C’est dans cette région qu’on situe l’origine de tous les peuples de langues bantoues ; ils l’auraient quittée il y a plus de 3.000 ans pour migrer jusqu’en Afrique du sud.

Professeur à l’ULB, Pierre de Maret (CReA-Patrimoine, Faculté de Philosophie et Sciences sociales) dirige les fouilles sur le site de Shum Laka.

Entre 1991 et 1994, les chercheurs mettent au jour 18 squelettes humains, les plus vieux restes humains dont on dispose dans cette zone charnière entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

"Tenter de retrouver de l’ADN dans ces squelettes et reconstituer leur génome était intéressant pour découvrir notamment de quelles populations actuelles ils pouvaient être les ancêtres" souligne Pierre de Maret. Il aura fallu plusieurs tentatives pour que l’équipe d’Harvard parvienne enfin à reconstituer le génome complet de quatre de ces squelettes, deux datés de 8.000 ans, deux de 3.000.

Malgré 5.000 ans de différence, les génomes de ces quatre individus sont très proches, ce qui indique une remarquable continuité dans l’occupation de la région.

"Ces génomes sont beaucoup plus proches de ceux des autres chasseurs-cueilleurs d’Afrique centrale (pygmées), que de populations d’agriculteurs bantous. Génétiquement, ces quatre individus sont proches du fond de peuplement ancien de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi, dans une moindre proportion, des ancêtres des chasseurs-cueilleurs ‘pygmées’ d’Afrique centrale" constate Pierre de Maret.

Cette étude permet d’esquisser pour la première fois différents schémas de dispersion et de différenciation en quatre lignées principales de populations à travers l’Afrique subsaharienne.

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Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be