Publié le 10 avril 2020 Mis à jour le 10 avril 2020

Une équipe de chercheurs démontre que l'eau est là depuis la formation de la Terre. Publiée dans la revue Nature Geoscience, cette découverte a de profondes implications en termes d'habitabilité de la Terre, de Vénus et de Mars.

Alors que tout le monde s’accorde sur le fait que notre planète bleue est riche en eau, cette observation semble contradictoire, d'abord, avec l'exploration des autres planètes rocheuses à la surface aride, et ensuite, avec l'idée d'un impact géant entre la proto-Terre et un embryon planétaire de la taille de Mars, dont serait issu la Lune. Un tel événement aurait dû vaporiser l’eau préexistante, et dessécher la Terre primitive.

"Nous avons donc deux options pour expliquer la présence d'eau sur Terre après un tel impact géant : soit l'eau a été rapportée plus tard, après la catastrophe, notamment par des astéroïdes glacés ou riches en eau ; soit l'impact géant n'était pas assez important pour vaporiser toute l'eau sur Terre", souligne Cédric Gillmann.

Pour enquêter sur l’origine de l’eau terrestre, une équipe de modélisateurs et de géochimistes dirigée par Cédric Gillmann – laboratoire G-Time, Faculté des Sciences, Université libre de Bruxelles, financé par le projet EOS ET-HoME - a voyagé - numériquement - bien au-delà de la Terre : jusqu'à Vénus.

Alors que la Terre et Vénus sont souvent considérées comme sœurs jumelles, leurs évolutions géologiques et climatiques respectives ont divergé de façon spectaculaire dans le passé.

En utilisant des simulations numériques d’impacts par différents types d'astéroïdes contenant différentes quantités d'eau, l'équipe a découvert que les collisions avec des astéroïdes riches en eau ne peuvent pas expliquer la composition actuelle de l'atmosphère de Vénus. Cela signifie que le matériau apporté à Vénus - et donc à la Terre - après le dernier impact géant devait être sec, ce qui  limite drastiquement l’apport d’eau tardif.

"Comme l'eau est bien évidemment présente aujourd'hui sur notre planète, cela implique qu’elle doit être là depuis la formation de la Terre, probablement enfouie profondément au départ pour pouvoir survivre à l'impact géant", conclut Cédric Gillmann.

Cette idée a de très profondes implications en termes d'habitabilité de la Terre, Vénus et Mars, car elle suggère que les planètes se sont probablement formées avec leur budget d'eau quasi-complet, et l’ont lentement perdu avec le temps.

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