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La difficulté pour les enfants dyslexiques à comprendre la parole dans le bruit est liée à leur manque de pratique de la lecture

Publié le 6 avril 2022 Mis à jour le 5 avril 2022

Une équipe de recherche de l’ULB Neuroscience Institute clarifie l’origine des difficultés de compréhension du langage dans le bruit des lecteurs dyslexiques.

La dyslexie est un trouble fréquent des apprentissages de la lecture et qui est généralement associé à des difficultés de compréhension de la parole dans le bruit. Au niveau neuronal, il avait déjà été observé que des enfants atteints de dyslexie présentent des difficultés à suivre les informations prosodiques de la parole. Toutefois, il restait à déterminer si ce suivi neuronal anormal est modulé par la présence de bruit, ainsi que s'il était lié à l’expérience de lecture réduite des enfants dyslexiques.

Dans une étude publiée dans NeuroImage, l’équipe de recherche emmenée par Florian Destoky (Laboratoire de Neuroanat et de Neuroima translationelles), Julie Bertels (Unité de recherche Conscience, Cognition et Computation) et Mathieu Bourguignon (Unité d'enseignement en Physiologie et Biomécanique du Mouvement) a rencontré près de 80 enfants âgés de 6 à 12 ans issus d’écoles primaires francophones. Parmi ces enfants, 26 avaient préalablement reçu un diagnostic de dyslexie, 26 autres enfants qui présentaient exactement le même âge que les enfants dyslexiques et 26 autres enfants qui présentaient le même niveau de lecture tout en étant plus jeunes que les enfants présentant une dyslexie. L’activité cérébrale de chacun des enfants a été enregistrée par magnétoencéphalographie pendant qu’ils écoutaient des histoires dans un environnement calme ou bruyant de type cocktail party. Ces enfants ont également bénéficié d’une évaluation approfondie de leurs capacités cognitives et de lecture.

Les chercheur.es ont observé que la capacité du cerveau des enfants dyslexiques à suivre le rythme des syllabes de la parole était plus faible que celle d’enfants de même âge. Le même constat a été fait pour la capacité neuronale à suivre l’information prosodique du langage dans le bruit. Toutefois, ces deux déficits ne se retrouvaient pas en comparaison avec des enfants plus jeunes ayant le même niveau de lecture.

Dans l'ensemble, ces résultats confirment l'existence d'une altération neuronale de perception de la parole dans le bruit chez les lecteurs dyslexiques. Cependant, cette différence semble résulter d’un manque de pratique de la lecture. Cette nouvelle découverte suggère que cette altération neuronale serait plutôt la conséquence d’une expérience de lecture réduite plutôt qu'une cause de la dyslexie.

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Communication Recherche : com.recherche@ulb.be