Publié le 23 mars 2020 Mis à jour le 25 mars 2020

Le « social distancing », la rhétorique guerrière des chefs d’État, le mythe de l’éradication des maladies infectieuses, etc. Autant de thématiques abordées par nos chercheurs pour mieux comprendre la crise qui nous touche. C’est à lire dans The Conversation.

Sommes-nous vraiment en guerre contre un virus?

Conseil d'Etat Le lundi 16 mars, en soirée, les chaînes de télévision françaises ont interrompu leurs programmes habituels pour diffuser l’allocution du président de la République, Emmanuel Macron. Ces prises de parole restent rares et incarnent une dimension symbolique pour le pouvoir. Pourtant, ce discours du 16 mars a généré une rupture majeure sur deux éléments : la rhétorique de la guerre, ici déployée face à un virus, et la résurrection de l’État providence. Pour The Conversation, Guillaume Grignard – Centre d’étude de la vie politique (CEVIPOL), Faculté de Philosophie et Sciences sociales – livre son analyse :

« La rhétorique de la guerre est un jeu de communication politique à prendre avec des pincettes. Elle mérite d’être questionnée au regard de tous les habitants de la planète qui croulent sous les bombes ou qui fuient des régions dévastées par les conflits armés. Certes, elle témoigne d’une situation exceptionnelle à l’hôpital, où l’ensemble du personnel est « mobilisé » face au virus, mais sa formulation vise aussi à reconfigurer le récit pour permettre au président Macron d’apparaître comme « le sauveur » de la nation. »

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Loin des yeux, proche du cœur ! Le lien social au temps du coronavirus

Smartphone Les pays touchés par le coronavirus n’ont pas tous réagi de la même façon à l’arrivée de la maladie sur leur territoire. Mais sa progression s’est révélée fulgurante. Elle contraint aujourd’hui les dirigeants à écouter enfin les expert·es du monde de la santé. Pour juguler la pandémie et permettre aux systèmes de soins de faire face à l’afflux des patients, la méthode de prédilection consiste à limiter de façon drastique les contacts interpersonnels et d’imposer le confinement. Pour The Conversation, Olivier Klein – Centre en Psychologie sociale et culturelle, Faculté de Sciences psychologiques et de l’éducation – explique que malgré la distance physique, la proximité sociale entre les gens doit être plus forte que jamais :

« Les revues spécialisées autant que les médias parlent de « distanciation sociale ». Tout indique que ne plus côtoyer autrui, éviter les poignées de main, proscrire les embrassades et, de manière générale, s’abstenir de toutes manifestations physiques d’affection permet de freiner la dissémination de la maladie et ainsi de mieux prendre en charge les personnes confrontées à des symptômes graves nécessitant des soins intensifs.

Ceci étant dit, nous invitons aussi tout le monde – responsables politiques, journalistes ou citoyen·ne·s – à prendre leurs distances avec cette appellation inappropriée. Car, enfin, s’il s’agit bien d’instaurer une distance « physique » plus importante qu’à l’accoutumée, il faut de manière tout aussi importante renforcer la proximité sociale entre les gens. »

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Les épidémies sont inévitables, apprenons à les anticiper

terre Les années 1970 virent éclore le mythe d’un contrôle absolu et même d’une possible éradication des maladies infectieuses. La médecine disposait alors d’un arsenal d’antibiotiques permettant de traiter efficacement la plupart des infections bactériennes. Les campagnes de vaccination de masse avaient démontré leur efficacité contre de nombreux fléaux majeurs, tels que la variole, quasi éradiquée à cette époque. Pour The Conversation, Éric Muraille - Laboratoire de Parasitologie, Faculté de Médecine - décrypte le mythe d’une possible éradication des maladies infectieuses :

"La destruction des écosystèmes naturels, le changement climatique et la commercialisation d’animaux sauvages génèrent de nouvelles opportunités d’infection et donc d’adaptation à de nouveaux hôtes. Le VIH résulte de l’adaptation à l’espèce humaine du virus de l’immunodéficience simienne infectant les primates non humains. Les coronavirus SARS-CoV et SARS-CoV-2, respectivement à l’origine des épidémies de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003 et 2019, seraient originaires de la chauve-souris."



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