Publié le 19 juin 2020 Mis à jour le 19 juin 2020

Le "partenariat oriental" vise à renforcer l'association politique et l'intégration économique de six pays d'Europe orientale et du Caucase du Sud. Aujourd’hui, les aspirations européennes de ces pays sont également une des causes de leur instabilité géopolitique.

Plus de dix ans après le lancement du partenariat oriental, l'Union européenne se trouve face à un dilemme : même si les "aspirations européennes" de nombreux partenaires orientaux sont le moteur de leur réforme démocratique, il est également vecteur d’un climat d'instabilité géopolitique dans lequel une intégration à l'UE semble difficilement possible.

Dans une publication, Johann Wolfschwenger – REPI, Faculté de Philosophie et Sciences sociales- examine l'émergence d’une constellation géopolitique compétitive en Europe de l'Est, et notamment celle de « l’influence russe » . Pour ce faire, il a étudié le cas particulier de la Moldavie. Contrairement à ce que l’on observe dans les pays de l’UE, la politique étrangère et les discours d'intégration régionale de la Moldavie sont façonnés par des considérations géopolitiques qui peuvent se résumer par une opposition entre « européanité » et « orientalité ».

« Dans le cadre de ces discours géopolitiques, l'intégration à l'UE risque d'élargir le fossé existant dans la société moldave et de favoriser l'instabilité politique intérieure », explique Johann Wolfschwenger.

Pour le chercheur, l'UE devrait lutter contre la rhétorique géopolitique développée par les pays voisins et réduire les attentes quant aux résultats que l'intégration européenne peut apporter, même si cela nuit aux acteurs "pro-européens".

« L'Union européenne doit cesser de négliger le fait que la sécurité régionale de certains pays est devenue très instable», conclut Johann Wolfschwenger.

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