Publié le 19 avril 2021 Mis à jour le 19 avril 2021

Alors que les références au paysage se multiplient en Région de Bruxelles-Capitale, Sophie Hubaut, chercheuse en Faculté d'Architecture, analyse sa place et sa signification au sein des Plans Régionaux de Développement (1995-2018). Un article publié dans Brussels Studies.

Dans le 155e numéro de Brussels Studies, Sophie Hubaut (Laboratoire Sasha, Faculté d’Architecture) montre comment le paysage est devenu au fil du temps une catégorie de l’action publique bruxelloise, dont il révèle l’évolution. L’auteure a étudié les Plans Régionaux de Développement bruxellois  élaborés entre 1995 et 2018, à travers une analyse qualitative de leur contenu et une analyse quantitative de leur discours. Celles-ci lui ont permis de dégager les thématiques principales auxquelles est associé le paysage, les différentes formes du paysage qui y sont valorisées et les éléments de discours qui les soutiennent.

De manière générale, le paysage est considéré, de façon relativement stable dans le temps, comme un facteur d’attractivité urbaine : convoqué tantôt comme image, tantôt comme cadre de vie, il doit permettre de retenir ou d’attirer des habitant·e·s. L’analyse minutieuse des PRD permet aussi de montrer que cette notion est de plus en plus associée à la nature, à mesure que l’intérêt pour la durabilité supplante l’intérêt pour le patrimoine, et change d’échelle en parallèle du développement d’une vision métropolitaine. Ainsi, explique l’auteure, les contenus donnés au paysage reflètent des préoccupations locales, telles que la lutte contre le délabrement de tissus urbains, la valorisation de Bruxelles en tant que nouvelle et jeune Région, les contraintes liées aux limites institutionnelles pesant sur le développement de la Région en tant que métropole ou encore le contexte d’évolution démographique qui lui est propre. Ils reflètent aussi la construction des référentiels d’action publique plus globaux.

Parce que les paysages ne s’arrêtent pas aux frontières administratives, ils pourraient être déclencheurs d’un dialogue et source d’un consensus entre les Régions flamande et bruxelloise sur les problématiques d’aménagement du territoire. Pour preuve, la réflexion entamée en 2016 par les deux entités autour de la définition de metropolitan landscapes, prolongée en 2020 par l’étude conjointe Open Brussels destinée à élaborer une vision paysagère et écologique des espaces ouverts structurants commune aux deux Régions. Toutefois, pour intéressants qu’ils soient, les PRD et les études qui y ont été associées en matière paysagère ne présagent pas de leur mise en œuvre. Comme le montre Sophie Hubaut, de par son caractère équivoque, la notion de paysage est associée à différents champs de l’action publique – les formes prises par le logement, les conditions de mobilité… – qui pourraient s’avérer en pratique plus difficiles à concilier à une échelle métropolitaine.

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