1. Actus & Agenda
  2. FR
  3. Actus
  4. Recherche

Le TNF fait évoluer l’immunité du nouveau-né

Publié le 3 septembre 2020 Mis à jour le 3 septembre 2020

L’équipe de Véronique Flamand, IMI - Faculté de Médecine, a mis en évidence le rôle joué par le TNF sur la maturation des cellules dendritiques chez les nouveau-nés. La découverte a fait l’objet d’une publication dans la revue Gut.

Les cellules dendritiques (CD) sont les sentinelles du système immunitaire. Lorsqu’elles rencontrent un agent pathogène, elles activent les lymphocytes T. « Mais chez les nouveau-nés, les CD ont d’abord une fonction régulatrice », explique Véronique Flamand, chercheuse à l’Institut d'immunologie médicale (IMI) - Faculté de Médecine. « Cette régulation est essentielle. Elle permet d’empêcher certaines réponses immunitaires inadéquates ou de limiter d’autres réponses excessives, nuisibles pour le nouveau-né. »

« Switcher » grâce au TNF

Mais très vite, les CD du nouveau-né doivent évoluer. Pour pouvoir combattre les microbes, elles doivent changer de casquette et passer de régulatrices à activatrices des lymphocytes T. Comment ? Grâce au TNF. « Le facteur de nécrose tumorale (TNF) est la molécule la plus inflammatoire que nous connaissions ! » rappelle Véronique Flamand. « Or, le TNF ne tue pas les cellules dendritiques. Il les fait évoluer en modifiant leur expression de deux protéines, qui influencent différemment les lymphocytes T. » En effet la protéine IL-10 est responsable de la fonction régulatrice tandis que la protéine IL-12p40 est à l’origine de la fonction activatrice. Et c’est le TNF qui « ordonne » aux CD de sécréter davantage d’IL-12p40 au détriment de l’IL-10.   

Flore commensale et TNF

Dans ce contexte, le taux de TNF chez le nouveau-né influence fortement l’évolution et le comportement des CD. L’équipe de Véronique Flamand a démontré, dans une étude publiée dans la revue Gut, que la sécrétion de TNF est directement liée à une exposition précoce à la flore commensale. « Nous avons comparé les CD contenues dans la rate de souriceaux, possédant ou non une flore commensale », explique-t-elle. « Ceux dont les mères avaient reçu une antibiothérapie avaient beaucoup moins de TNF. Leurs CD n’avaient pas “évolué” et ils se défendaient moins bien contre la listériose. À contrario, une flore commensale et un taux de TNF normaux vont de pair avec une meilleure résistance aux infections. »

Reste maintenant à découvrir quelles souches de bactéries commensales affectent le TNF et l’évolution des CD, dans un sens ou dans l’autre.     

Contact
Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be