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Leadership féminin en temps de crise: le cas de Sophie Wilmès

Publié le 27 décembre 2021 Mis à jour le 23 décembre 2021

Clémence Deswert a reçu le premier Prix de la recherche 2021 du Comité Femmes & Sciences. Sa recherche primée avait pour objectif l'analyse du traitement par la presse belge francophone du leadership politique exercé par Sophie Wilmès lors de son mandat de Première ministre. Et ce, en pleine pandémie de Covid-19.

Le premier Prix de la recherche 2021 du Comité Femmes & Sciences a été remis à Clémence Deswert, doctorante au Centre d’étude de la vie politique (Cevipol, Faculté de Philosophie et Sciences sociales) pour sa recherche sur le traitement par la presse belge francophone du leadership politique exercé par la Première ministre belge Sophie Wilmès au cours de son mandat (octobre 2019 – septembre 2020).

Sa recherche avait pour objectif l’analyse de l’impact du contexte de pandémie de COVID-19 sur la construction genrée du leadership politique dans les médias.

L’idée d’une telle recherche partait d’une intuition apparue dans la littérature scientifique dans les années 2000 : celle de la « falaise de verre », ou l’idée que les femmes auraient tendance à être nommées à des postes à responsabilité dans des organisations en situation de crise, ou en politique en période de crise, lorsque le risque d’échec est plus élevé.

Certaines études explorant le phénomène de la « falaise de verre » ont suggéré que les qualités socialement associée à la féminité seraient particulièrement recherchées en cas de crise (le « think female-think crisis »).

L'analyse du traitement médiatique a révélé une focalisation importante sur les traits socialement associé à la féminité dans l'évaluation du leadership politique de Sophie Wilmès dans le contexte de la crise du COVID-19. Les attributs traditionnellement considérés comme « féminins » étaient considérés comme jouant un rôle important dans la figure du ou de la « bon·ne leader » en période de pandémie.

De plus, le discours de la presse met particulièrement en avant les attributs liés au « care » (attention à autrui, empathie, qualités relationnelles, etc.) dans la conceptualisation d’un leadership appréciable en tant de crise du COVID-19. Néanmoins, malgré l'importance accordée à la féminité et aux traits de caractère liés aux soins, il est important de noter que certaines caractéristiques « stéréotypiquement » masculines, telles que la détermination et l'esprit de décision, ont également été identifiées comme nécessaires pour faire face à la crise.

Cette recherche constitue une occasion de réfléchir au renouvellement des manières d’exercer le pouvoir du point de vue du genre. Il ne s’agit pas d’enfermer les femmes politiques dans un style présumé « féminin », mais plutôt d’interroger les conditions de possibilité, tant chez les hommes que chez les femmes politiques, d’un leadership moins dominateur, qui ne valorise pas uniquement un mode « viriliste » de gouvernance.

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Communication Recherche : com.recherche@ulb.be