Publié le 23 septembre 2020 Mis à jour le 23 septembre 2020

Alors qu’on parle beaucoup d’écriture inclusive aujourd’hui, en Chine, la question a soulevé des débats dans les années 20 et 30. A travers ses recherches, Coraline Jortay fait revivre ce débat. Elle s’intéresse aussi plus largement à la question de la lisibilité du genre en Chine. Le sujet est au cœur d’un numéro spécial de Perspectives chinoises.

En Chine, la question de l’écriture inclusive s’est posée dès les années 1920 et 30 avec l’introduction d’un marquage en genre dans le système pronominal du chinois. Cette introduction a été considérée comme l’un des tournants linguistiques majeurs de la période du Quatre Mai 1919, elle-même riche en débats sur la place des hommes et des femmes dans la société.

Ce débat oublié depuis un siècle sur l’écriture inclusive en Chine, Coraline Jortay, docteure en Langues, Lettres et Traductologie de l’ULB, propose de le récupérer à travers sa recherche.

Ce jeudi 24/09, elle présentera ses recherches dans le cadre d’un séminaire organisé par le centre de recherche Tradital (Faculté de Lettres, Traduction et Communication). Le séminaire se fera par vidéoconférence sur Teams.

Un numéro spécial de Perspectives chinoises est également consacré à la question du genre en Chine. Intitulé « Re-Envisioning Gender in China: (De)Legitimizing Gazes », il est l’aboutissement d’une conférence internationale organisée en 2019 à l’Université libre de Bruxelles.

Dans l’éditorial du numéro « Lisible donc légitime ? Lire et brouiller le genre en Chine, hier comme aujourd’hui », Coraline Jortay (ULB, Aspirante F.R.S-FNRS), Jennifer Bond (University College Dublin), et Chang Liu (Chinese University of Hong Kong, Shenzhen) cherchent à cerner ce qui se (dé)voile et se floute lorsque le genre sert de prisme d’analyse de la société et des pratiques culturelles chinoises aux vingtième et vingt-et-unième siècles, et comment – à travers le genre – lisibilité et légitimité s’articulent au sein de pratiques sociales historiquement situées.

Les autrices sont co-fondatrices du China Academic Network on Gender (CHANGE), un réseau de recherche international et interdisciplinaire rassemblant des chercheuses et de chercheurs qui travaillent sur les questions de genre dans la Chine moderne et contemporaine en sciences humaines et sociales. Ce réseau a été fondé à l’ULB en 2018 au sein de la Maison des Sciences Humaines (MSH) dans le cadre d’une collaboration entre les structures de recherche EASt et Striges en partenariat avec SOAS University of London, King’s College London et la East China Normal University (ECNU).

Coraline Jortay est actuellement chercheuse postdoctorante au sein du Centre Chine de l’Université d’Oxford dans le cadre d’un Junior Research Fellowship de la Fondation Wiener-Anspach (2020-2021).

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Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be