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Les dynasties politiques: facteur de stabilité démocratique?

Publié le 9 septembre 2019 Mis à jour le 9 septembre 2019

Le fait que des élus soient les enfants ou petits-enfants d’autres élus est perçu comme une anomalie dans les démocraties modernes. Pourtant, la transmission de valeurs de père/mère en fils/fille pourrait être un facteur de stabilité démocratique.

Les dynasties politiques ont mauvaise presse. Les chercheurs ont observé que, en moyenne, les "fils et filles de…" étaient moins éduqués et leurs politiques moins performantes. Pourtant, dans certains cas, le bagage politique transmis de père/mère en fils/fille peut être bénéfique.

Jean Lacroix, Pierre-Guillaume Méon et Kim Oosterlinck - chercheurs au Centre Émile Bernheim, Faculté Solvay Brussels School of Economics and Management- se sont penchés sur le cas de la France de 1940, lorsque l’Assemblée nationale a remis les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Lors d’un vote historique, seuls 80 parlementaires sur 669 se sont alors opposés à cette mise à mort de la IIIème République. Cette faible contestation pose la question de savoir qui étaient les parlementaires qui se sont opposés aux pleins pouvoirs. En particulier, avaient-ils des caractéristiques communes?

Dans un document de travail, les chercheurs de l’ULB tentent de répondre à cette question en analysant statistiquement le profil des députés de l’époque. Ils ont observé qu’une grande partie des opposants aux pleins pouvoirs étaient issue de "dynasties d’élus" prônant les valeurs démocratiques depuis plusieurs générations. Malgré leurs inconvénients, ces dynasties "démocratiques" présenteraient donc un avantage: celui de défendre le système démocratique lorsqu’il est menacé. Elles pourraient même constituer un facteur de stabilité du système.