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Résistances aux antibiotiques en augmentation dans l'élevage

Publié le 23 septembre 2019 Mis à jour le 24 septembre 2019

Des chercheurs ont réalisé la première cartographie de la résistance aux antimicrobiens dans le secteur de l’élevage. Ils ont observé une hausse de ces résistances dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires.

Les pays à revenus faibles ou intermédiaires voient leur consommation de viande et de lait augmenter considérablement: depuis 2000, la production de viande a augmenté de 68% en Asie, de 64% en Afrique et de 40% en Amérique du sud. Cette augmentation s’accompagne d’une expansion de l’élevage intensif, dans lesquels les antimicrobiens sont utilisés en routine pour maintenir une bonne santé et productivité des élevages. Cependant, de plus en plus de travaux mettent ces pratiques en lien avec le développement d’infections résistantes aux antimicrobiens chez l’animal, mais aussi chez l’homme.

Emmené par Thomas Van Boeckel – ancien bioingénieur de l’ULB et actuellement Professeur à l’ETH Zürich –, un consortium international de chercheurs publie une première cartographie globale des foyers de résistance aux antimicrobiens dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. Marius Gilbert – Laboratoire d’Epidémiologie spatiale, Ecole Interfacultaire de Bioingénieurs, Faculté des Sciences de l’ULB – figure parmi les auteurs. Publiée dans Science, l’étude montre qu’entre 2000 et 2018, la proportion d’antimicrobiens présentant plus de 50% de résistance a augmenté de 0.15 à 0.41 dans les élevages de poulets et de 0.13 à 0.34 dans les élevages de porcs.

Ces tendances inquiétantes montrent que ces traitements vétérinaires perdent de plus en plus de leur efficacité, avec des conséquences potentielles importantes pour le secteur de l’élevage lui-même et pour la santé des consommateurs.

Les principales régions concernées par ces résistances sont le nord-est de la Chine et de l’Inde, le sud du Brésil, l’Iran et la Turquie. Peu de foyers ont été identifiés en Afrique, à l’exception de la région de Johannesburg et du Nigéria. Les antimicrobiens présentant les taux de résistance les plus élevés étaient également ceux qui sont le plus utilisés en production animale, à savoir les tetracyclines, les sulphonamides, la pénicilline, et les quinolones.

Afin de faciliter le suivi de ces résistances dans le futur, les auteurs ont développé une plateforme de données publique sur laquelle les scientifiques du monde entier peuvent partager leurs résultats. Un outil essentiel pour mieux orienter les politiques publiques et mesurer les tendances et progrès réalisés en matière de prévention et de luttes.

 

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Service Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be