Publié le 5 mai 2021 Mis à jour le 5 mai 2021

Une nouvelle recherche réalisée par une communauté internationale de scientifiques, prédit que l'élévation du niveau de la mer due à la fonte des glaces pourrait être réduite de moitié si nous atteignons l'objectif de l'Accord de Paris en limitant le réchauffement climatique à 1,5 ° C.

Une nouvelle étude publiée dans Nature et dirigée par le Dr Tamsin Edwards, du King's College de Londres analyse l’impact de la glace terrestre découlant des différents glaciers du monde et des Inlandsis du Groenland et de l'Antarctique sur l’augmentation du niveau marin au XXIe siècle.

Grâce à un grand nombre de modèles mathématiques combinés à des techniques statistiques, les chercheurs ont établi des prévisions pour différents scénarios futurs d’émission de gaz à effet de serre, entre autres ceux qui limites le réchauffement global à moins que 2°C d’ici 2100 comme établi dans l’accord de Paris. Ces résultats  nourriront le sixième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat qui sera publié plus tard cette année.

La recherche montre que si nous limitons le réchauffement climatique à 1,5 ° C, les pertes pour la calotte glaciaire du Groenland réduiraient de 70% et les pertes pour l’ensemble des glaciers diminueraient de moitié par rapport aux prévisions liées aux émissions actuelles. Pour l'Antarctique, l’incertitude demeure, les prévisions sont les mêmes en fonction des différents scénarios d'émissions. En effet, il est actuellement difficile de savoir si la neige qui tombe dans l'intérieur froid de la calotte glaciaire compensera la fonte des côtes. Cependant, dans un scénario « pessimiste », avec beaucoup plus de fonte que de chutes de neige, les pertes de glace en Antarctique pourraient être cinq fois plus importantes que si on les objectifs de Paris sont atteints.

Les glaciers et les calottes glaciaires sont actuellement responsables d'environ la moitié de l'élévation mondiale du niveau de la mer. Cette étude met à jour les différents scénarios possibles en y intégrant toutes les sources de glace terrestre, elle prédit ainsi la probabilité de différents niveaux d'élévation du niveau de la mer. Elle a nécessité près de 900 simulations réalisées par 38 groupes internationaux utilisant des techniques statistiques pour améliorer notre compréhension de l'incertitude sur l'avenir. Le Laboratoire de Glaciologie de l’ULB est le seul qui a contribué à toutes les projections des glaces terrestres (Groenland, Antarctique et glaciers).

A l'ULB, le Dr Harry Zekollari (chargé de recherches FNRS) a été impliqué dans la modélisation des glaciers, le Dr Sainan Sun (chercheuse postdoctorale) et le Pr Frank Pattyn ont contribué aux projections pour la calotte glaciaire antarctique et groenlandaise. Le Dr Heiko Goelzer (collaborateur scientifique) a dirigé la comparaison des modèles du Groenland.

Cette publication fait également écho aux recherches menées par le projet PROTECT auquel le Laboratoire de Glaciologie participe activement. L'objectif scientifique primordial de PROTECT est d'évaluer et de projeter les changements dans la cryosphère terrestre, avec des incertitudes entièrement quantifiées, afin de produire des projections mondiales, régionales et locales. Présentation en vidéo.

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Communication Recherche : com.recherche@ulb.ac.be