Publié le 16 septembre 2020 Mis à jour le 16 septembre 2020

Ces dernières années, les débats sur l’intelligence des plantes prennent de l’ampleur, mais qu’est-ce que l’intelligence et comment l’appliquer aux végétaux ? Un livre propose un éclairage historique et philosophique.

Best-seller mondial « La vie secrète des arbres » a planté la question de l’intelligence des plantes au milieu du débat public. Les revues scientifiques consacrées à l’écologie et à la biologie végétale se sont également fait l’écho de polémiques autour de cette intelligence. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

« L’intelligence est une notion qui est loin d’être clairement définie et partagée parmi les biologistes et les philosophes », explique Quentin Hiernaux.

Aujourd’hui, le chercheur du Centre de Recherche en Philosophie (PHI), Faculté de Philosophie et Sciences sociales, publie un livre (en accès libre) qui présente ces débats. Pour lui, il convient de comprendre l’histoire et la nature de ce concept d’intelligence et ses enjeux :

Pourquoi les pensées philosophiques et scientifiques occidentales se sont-elles généralement opposées à la reconnaissance d'une possible vie psychique chez les plantes ? Le concept d'intelligence utilisé en éthologie ou dans la biologie de l'évolution s'inscrit-il en continuité avec celui forgé dans la tradition philosophique ? Comment l'hypothèse de comportements intelligents chez les plantes pourrait-elle induire de nouvelles hypothèses et dispositifs expérimentaux, et d'une façon plus générale, changer notre regard et nos relations avec les végétaux ? Derrière ces questions, ce sont nos concepts philosophiques et scientifiques traditionnels et nos cadres de pensée basés sur une distinction supposée claire entre le végétal et l’animal qui doivent être réinterrogés. Les découvertes de la physiologie et de l’écologie végétale changent notre rapport au vivant.
 

Afin de traiter ces enjeux, ce livre retrace l’historique des expérimentations scientifiques sur la sensibilité et les tropismes des plantes, ainsi que les controverses suscitées :

« Des expériences réalisées au XXe siècle confirment que les plantes sont sensibles à la lumière et à la gravité, mais aussi de façon plus surprenante aux stimulations tactiles, électriques, ou à la présence de leurs prédateurs. Quant à la question d'une sensibilité aux sons, elle demeure à ce jour controversée. Plus récemment, des biologistes ont publié des études sur la communication, la mémoire et l’apprentissage des plantes, difficiles à interpréter en raison de notre vocabulaire et de nos modèles animaux du comportement », souligne Quentin Hiernaux.

Cet ouvrage est le fruit de recherches et d'échanges interdisciplinaires menés au contact de biologistes, philosophes et historiens, ainsi que d'une collaboration avec l'INRAE (l'Institut national de la recherche agronomique français). Il s’inscrit dans le prolongement du travail de thèse du chercheur qui portait déjà sur l'histoire et la philosophie des sciences végétales à travers la problématique de l'individualité biologique des plantes.

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