Publié le 24 avril 2020 Mis à jour le 5 mai 2020

Savoir estimer le nombre de bonbons dans un bol en un coup d’œil n’est pas si simple. Cela demande des compétences spécifiques. Pourtant, des chercheurs en psychologie montrent que notre cerveau détecte très rapidement des changements de nombre.

Estimer le nombre de bonbons dans un bol est une compétence étonnamment complexe. Il faut comprendre la taille des bonbons, l’espace qu’ils occupent, leur distribution dans le bol et leur proximité. En situation réelle, tous ces facteurs viennent influencer notre jugement.

Mais avons-nous aussi un « sens du nombre », ou une compréhension intuitive de la quantité seule, indépendamment de tous les autres facteurs ?

Cette question a longtemps été débattue dans le domaine de la cognition numérique. Elle peut être liée au développement normal ou problématique des compétences numériques.  

Amandine Van Rinsveld, Mathieu Guillaume, Wim Gevers, Alain Content (CRCN, Faculté des Sciences psychologiques et de l’éducation), Peter Kohler (York University) et Christine Schlitz (Université du Luxembourg) ont mené des recherches qui confortent l’hypothèse d’un « sens du nombre ». Les participants à l’expérience devaient juste regarder un écran présentant dix images par seconde avec une série de points. Pendant ce temps, leur activité cérébrale était mesurée à l’aide d’un électroencéphalogramme.

Les différents facteurs (taille du contenant, distribution et proximité des points) variaient de manière aléatoire. Par contre, le nombre de points, lui, changeait à intervalles réguliers. Résultat : le système visuel des participants a perçu cette constante bien que les participants ne se soient rendu compte de rien.

Notre cerveau ne calcule donc pas le nombre de points uniquement sur base de la taille du contenant, de leur distribution ou de leur proximité. Cela apporte une nouvelle compréhension du sens du nombre. Cette méthode ne nécessitant pas de compter les points a comme avantage qu’elle peut être utilisée pour de futures recherches avec des enfants ou des personnes qui ont des difficultés avec les compétences mathématiques.

La recherche a été publiée dans PNAS

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