Publié le 18 novembre 2019 Mis à jour le 19 novembre 2019

Mercredi 18 décembre, Journée internationale des migrants, proclamée par l’ONU. Coup de projecteur sur plusieurs recherches en cours à l’ULB et actions de diffusion scientifique autour de la “crise” des réfugiés en Europe.

"Les migrations favorisent la croissance économique, le dynamisme des sociétés et la tolérance. Elles offrent une chance à des millions de personnes en quête d’une vie meilleure, et profitent aussi bien aux communautés d’origine et qu’à celles de destination".

La citation est d’António Guterres, Secrétaire général de l’ONU – Nations Unies qui ont proclamé le 18 décembre, “Journée internationale des migrants”.

Dans leur vie quotidienne, qu’en pensent les citoyens européens? Comment perçoivent-ils ces réfugiés qui fuient en Europe? Quels discours tiennent-ils? Quelle mobilisation engagent-ils? Ou pas… Réunis au sein d’un projet de la Politique scientifique fédérale (Belspo), des chercheurs de l’ULB, de l’ULiège et de la KU Leuven ont étudié ces questions entre 2017 et 2019, dans six pays européens – Belgique, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Suède.

"Il y a une dichotomisation - pour ou contre - des opinions à l’égard de l’immigration et de l’asile;

cela reste assez stable dans le temps. Avec des attitudes contastées entre pays européens" constate Andrea Rea, co-auteur de l’étude, fondateur du Groupe de recherche sur les Relations Ethniques, les Migrations et l’Egalité (GERME), en Faculté de Philosophie et Sciences sociales. "Les pays du sud de l’Europe et ceux d’Europe orientale veulent voir les taux d’immigration diminuer mais pour des raisons différentes: l’Europe du sud est directement confrontée aux arrivées de nouveaux demandeurs d’asile et migrants alors que l’Europe orientale n’a jamais connu, dans son histoire, l’immigration internationale".

En analysant les opinions publiques, les chercheurs montrent que des facteurs individuels tels qu’un niveau d’éducation moins élevé ou un taux de chômage plus élevé peuvent contribuer à développer des opinions négatives envers les réfugiés et les migrants. Toutefois, ceci n’est pas une règle. En Espagne et au Portugal, le chômage est élevé mais l’hostilité envers les immigrés est faible.

"La Belgique est cas intéressant à ce sujet" observe Andrea Rea,

"Les opinions négatives envers les immigrés sont identiques en Flandre et dans la partie francophone du pays; le taux de chômage est pourtant plus élevé en Wallonie qu’en Flandre. Cependant, cela ne se traduit pas politiquement, avec une extrême droite forte en Flandre et inexistante en Belgique francophone. L’offre, et par conséquent, les discours politiques et médiatiques contribuent aussi à la production de l’hostilité envers les migrants".

Depuis l’été 2015, des nombreux citoyens ordinaires se sont mobilisés, poussés par la morale et l’émotion, témoignant leur hospitalité en fournissant un logement, de la nourriture, des vêtements… Et Andrea Rea conclut : "Au départ, ces citoyens ordinaires ne se mobilisent pas pour défendre des revendications politiques d’octroi de droits aux migrants. Mais, face à l’absence de réponse ordonnée de l’Union européenne, face à l’inaction des Etats membres, l’engagement de nombreux citoyens va prendre une tournure plus politique; on peut parler de "'solidarité politique'".

LivreRefugeeReceptionCrisis
Tous ces constats sont réunis dans le livre "The refugee reception crisis in Europe. Polarized opinions and mobilizations" (disponible en Open Access).

Animations dans les écoles

À partir de résultats de recherche et d’expertises scientifiques, des chercheurs, enseignants et étudiants de l'ULB ont mis sur pied les animations “Migration, au-delà des préjugés".
Visant les 15-25 ans, ces animations déconstruisent les préjugés liés aux migrants. En collaboration avec le CJD (Conseil Jeunesse Développement), elles circulent dans les écoles, les services d’aide en milieu ouvert (AMO) et les maisons de jeunes de Bruxelles et de Wallonie.