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Mobilité à Bruxelles : le "bouger ensemble"

Publié le 9 septembre 2019 Mis à jour le 17 septembre 2019

Voiture, vélo, trottinette ou tout simplement pieds… Les modes de mobilité se multiplient à Bruxelles. Comment les concilier? À l'occasion de la semaine de la mobilité, nous vous proposons une actu "long format" pour aborder ce sujet complexe.

Comment concilier les différents modes de mobilité?

Bruxelles, bois de la Cambre, 8h40. Des dizaines de voiture en file; deux vélos, une trottinette qui semblent “faire la course”; un skate longboard non loin de là, un joggeur qui hésite à traverser; des coups de frein, des coups de klaxon… Nous l’avons tous vécu…

Portrait de Claire Pelgrims"À partir des années ’50, la voiture est devenue le mode de déplacement privilégié à Bruxelles et les infrastructures ont suivi : larges boulevards, places de stationnements, etc.

Mais, depuis les années 2000, la Région de Bruxelles-capitale a décidé de réduire fortement les déplacements en voiture et de privilégier les mobilités dites douces telles que la marche et le vélo" rappelle Claire Pelgrims, aspirante FNRS au Laboratoire Urbanisme, Infrastructures et Ecologies - LoUIsE, en Faculté d’Architecture (photo).

À qui donner la priorité?

Ces dernières années, les modes de mobilité alternatifs se sont multipliés : trottinette, skate, longboard, fixie, vélo à assistance électrique, etc. "Bouger ensemble" n’est pas spontané, rarement "naturel"; les autorités doivent donc partager la voirie. Avec une question préalable: à qui donnent-elles la priorité? À toute heure ou uniquement certains jours ou à certaines heures? "Dans un même quartier, différents réseaux se superposent : une rue peut être considérée comme la voirie principale pour les piétons et une rue voisine, l’artère principale pour les voitures, par exemple" précise Claire Pelgrims.

Une priorité à la marche à Bruxelles qui s’est traduite dans le centre-ville notamment par son piétonnier; le fléchage de parcours avec les distances en temps dans plusieurs quartiers; les cartes dans des abribus épinglant les centres d’intérêt accessibles à pied; etc. La Région privilégie aussi le vélo; plusieurs pistes cyclables ont été récemment aménagées, etc.

Fonctionnels, ludiques et esthétiques

Mais Claire Pelgrims prévient

"pour que les gens les empruntent, il faut que ces itinéraires soient non seulement fonctionnels mais aussi ludiques et esthétiques

"Les circuits proposés aux piétons ou aux vélos, par exemple, doivent être agréables pour celui qui veut faire du sport, ou voir de beaux quartiers, ou s’arrêter boire un verre, etc. Dans le même esprit, si l’ambition est de privilégier une mobilité combinée RER-vélo, il faut bien sûr prévoir des emplacements de parking sécurisés, des pistes cyclables, etc. Bref, le tissu urbain doit être restructuré autour de ces mobilités, comme l’ont fait par exemple les Pays-Bas ou le Danemark dès les années ’80". La dynamique est lancée mais elle nécessite du temps et des moyens...

Et restera toujours un défi majeur : la réactivité de l’action publique face à l’évolution rapide des modes de mobilité. La trottinette en est un bel exemple que décrypte Claire Pelgrims: "La trottinette a d’abord été utilisée par les enfants: les parents y ont vu une manière d’accélérer le rythme sur le chemin de l’école et de rendre le trajet quotidien plus ludique.

Aujourd’hui, 65% des trajets réalisés en trottinette relient le domicile au travail; ce sont donc aussi des adultes qui se déplacent en trottinette.

Les usagers ont changé, les trajets et les vitesses aussi. Les infrastructures doivent s’adapter et répondre vite à des questions aussi essentielles que : sur quelle voie – route, piste cyclable, autre? – laisser circuler ces trottinettes ? Et où, comment les stationner ?"

Embouteillages

Et les navetteurs?

La moitié des voitures qui circulent dans la Région bruxelloise tous les jours est liée à des trajets Bruxelles-Bruxelles par des Bruxellois.

Géry Leloutre (Laboratoire Urbanisme, Infrastructure et Écologie - LoUIsE, Faculté d'Architecture) évoquait les raisons historiques de l'afflux de navetteurs et la nécessité d'imaginer de nouvelles façons de se déplacer pour la série de podcasts "Échos de la rue".


 
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