Publié le 15 mai 2020 Mis à jour le 15 mai 2020

Une étude montre qu’au Brésil, les revenus du pétrole et du gaz augmentent l'activité économique dans des zones productrices de pétrole, mais imposent des retombées négatives sur les zones voisines.

Depuis quelques années, les recherches en économie utilisent les émissions lumineuses captées par satellite pour évaluer l’activité économique de zones pour lesquelles il n’existe pas d’estimation du PIB. Pierre-Guillaume Méon Centre Émile Bernheim, Faculté Solvay Brussels School of Economics and Management – et Phoebe Ishak – Université de Hambourg – ont utilisé ces données pour évaluer l’effet des revenus du gaz et du pétrole sur l’activité économique des municipalités brésiliennes.

« Nous nous sommes intéressés au Brésil, car c’est un pays producteur de pétrole dont la production n’est pas suffisamment importante pour influencer le marché mondial. L’évolution du cours mondial du pétrole et du gaz peut donc être considérée comme indépendante de la production brésilienne, ce qui permet de penser que nous mesurons l’effet du cours du pétrole et du gaz sur l’activité et non l’inverse » justifie Pierre-Guillaume Méon.

Les chercheurs ont ainsi observé que les municipalités productrices de pétrole voyaient leur activité augmenter lorsque les cours du gaz et du pétrole augmentaient. Ces observations contredisent la théorie dite du syndrome hollandais, ou de la malédiction des ressources naturelles, qui veut que l’abondance de ressources naturelles soit néfaste à la croissance.

En revanche, les chercheurs ont remarqué que l’effet de l’augmentation du cours du pétrole et du gaz réduisait indirectement l’activité des municipalités voisines de celles qui produisent du pétrole. Qui plus est, l’effet négatif sur les municipalités voisines serait du même ordre de grandeur que l’effet positif sur les municipalités productrices de pétrole. Les deux effets se compenseraient donc.

L’étude montre donc qu’en travaillant à l’échelle de pays entiers on risque de passer à côté de l’effet des ressources naturelles sur le développement. Elle montre de plus que les ressources naturelles peuvent avoir des effets redistributifs puissants, en avantageant les municipalités productrices au détriment des autres municipalités

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