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Plus d'information et de représentativité pour lutter contre l'abstentionnisme

Publié le 1 décembre 2021 Mis à jour le 1 décembre 2021

Pour ramener dans les urnes les personnes qui ne vont pas voter aujourd'hui, il faut combiner différentes mesures, notamment des campagnes d'information et une meilleure représentation des groupes minoritaires. Telle est la conclusion d'une étude sur l'absentéisme électoral réalisée par le Cevipol en collaboration avec la VUB, et commanditée par la société ITSME.

Lors des dernières élections de 2019, 1,3 million de Belges ayant le droit de vote n'ont pas voté ou ont voté de manière invalide. Cela représente 17% de la population votante.

"Si ce groupe devait unir ses forces et former un parti, ses membres seraient certainement plus puissants que n'importe quel parti démocratique de notre pays", affirment les chercheurs.

L'équipe de recherche du Cevipol voit plusieurs raisons pour lesquelles les citoyens ne se rendent pas aux urnes le jour des élections. Dans certains cas, c'est une erreur de remplissage du bulletin de vote qui entraîne un vote nul. D'autres ont des problèmes pratiques pour se rendre à leur bureau de vote. Mais pour un groupe important, il s'agit d'une décision consciente de ne pas voter ou de voter blanc ou invalide. Derrière cette "abstention" se cache un désintérêt prédominant et une insatisfaction croissante à l'égard de la vie politique organisée dans nos parlements, gouvernements et partis", indique l'étude.

Le pourcentage de non-votants est en augmentation dans notre pays depuis des décennies. Selon les chercheurs, ce faible taux de participation peut être problématique pour la démocratie. Ils soulignent, entre autres, que le non-vote fausse l'élaboration des politiques. En Belgique, les non-votants potentiels ont tendance à être des partisans de la gauche socialiste, de sorte que leur absence aux élections favoriserait les partis de centre-droit comme le MR, l'Open Vld, la N-VA, mais aussi les partis de centre-gauche comme Groen et Ecolo. En outre, il semble que le vote obligatoire encourage certains électeurs mécontents à voter pour des partis radicaux, alors qu'ils resteraient chez eux s'ils n'étaient plus obligés de voter.

Afin de revitaliser la participation électorale et de mettre un terme à l'érosion du droit de vote, des solutions à court et à long terme sont nécessaires à différents niveaux politiques, indique l'étude.

Elle cite notamment les campagnes d'information. Les réformes concernant le vote obligatoire peuvent également avoir un effet. Mais la nature du système électoral et les solutions visant à rendre le vote plus facile et plus rapide peuvent également avoir un impact. Les recherches montrent, par exemple, que les pays qui optent pour une conception multimodale des élections, où les électeurs peuvent choisir entre le vote à distance (par courrier ou par internet) et le vote dans un bureau de vote, peuvent s'attendre à une légère augmentation de la participation.

Il en va de même si les électeurs peuvent voter de manière anticipée pendant un plus grand nombre de jours, par exemple en ouvrant les bureaux de vote plus tôt et à des endroits différents. Enfin, la simplification de l'inscription sur les listes électorales pour les électeurs non belges aux élections municipales pourrait avoir un effet évident.

À long terme, l'étude indique, entre autres, qu'il faut promouvoir la citoyenneté, faciliter l'accès à l'information électorale et assurer une meilleure représentation des groupes minoritaires.