Publié le 20 février 2019 Mis à jour le 6 mars 2019

Les fibroblastes sont des cellules impliquées notamment dans le processus de cicatrisation. Déréglés, ils peuvent provoquer une cicatrisation pathologique.

Les cellules de notre corps réagissent constamment aux changements de leur environnement. Lors d'une coupure, par exemple, les fibroblastes sentent que la composition du caillot est différente de celle de la matrice extracellulaire habituelle : les fibroblastes sont poussés à dégrader le caillot pour reformer le tissu et cicatriser la plaie. Le processus peut cependant s'emballer et conduire à de la fibrose, une production excessive de tissu cicatriciel rigide.

Chercheur au Laboratoire de Physiologie et Pharmacologie - Faculté de Médecine -, Nicolas Baeyens s'intéresse à la manière dont nos cellules réagissent aux contraintes extérieures et aux remodelages tissulaires qui en découlent. Il a notamment développé un modèle in vitro innovant permettant d'étudier le processus de cicatrisation et le comportement des fibroblastes en 3D. Ce modèle a été utilisé dans une étude, menée en collaboration avec les Universités de Yale (USA) et de Manchester (UK) et publiée le journal scientifique Nature Cell Biology.

Les chercheurs ont étudié des molécules appelées 'micro-ARNs' (miRNAs). Dans un état physiologique, de nombreux miRNAs limitent la contraction du fibroblaste et la synthèse de la matrice extracellulaire. En l'absence de miRNAs, les chercheurs ont observé que les fibroblastes se contractent plus fort et synthétisent beaucoup plus de collagène. Ils développent également un profil semblable aux myofibroblastes associés au processus fibrotique.

Cette étude confirme donc le rôle central des miRNAs dans la régulation physiologique de la cicatrisation. Les travaux futurs visent à comprendre comment ces processus physiologiques sont dérégulés dans la fibrose, pour laquelle les traitements sont inexistants.
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