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Quand les primo-arrivants participent à l’élaboration de leur intégration

Publié le 8 février 2021 Mis à jour le 8 février 2021

Le projet CAMIM pour « Co-créons un meilleur Accueil et une Meilleure Intégration des Migrants à Bruxelles » vient de se terminer. Le GERME, acteur du projet aux côtés de l’asbl Via, présente ses pistes, réfléchies avec les primo-arrivants, pour améliorer l’intégration à long terme de ces derniers.

Maximiser l’impact des services d’intégration destinés aux primo-arrivants en rendant ceux-ci sujets des politiques en la matière plutôt qu’objets : tel était l’objectif du projet de recherche CAMIM qui vient de se terminer.

Le projet CAMIM pour « Co-créons un meilleur Accueil et une Meilleure Intégration des Migrants à Bruxelles » (2018-2021) est issu d’un appel à projet CO-CREATE lancé par INNOVIRIS. Il est porté par le Bureau d’Accueil pour Primo-Arrivants (BAPA) VIA et le GERME – Faculté de Philosophie et Sciences sociales ULB (Groupe de recherche sur les Relations Ethniques, les Migrations et l’Egalité). Les chercheurs du GERME impliqués dans le projet sont Andrea Rea et Chloë Angé.

Il répond à un double constat : d’une part, si les besoins à court terme des migrants sont plus ou moins rencontrés par les différents services d’accueil bruxellois, la question de l’intégration à long terme renvoie à une dynamique sociale beaucoup plus complexe et ne semble actuellement pas avoir trouvé une réponse complète. D’autre part, le parcours d’accueil proposé au sein des BAPA se veut relativement uniforme alors même que les profils et parcours de vie des primo-arrivants sont très variés.

Les partenaires du projet ont travaillé avec les primo-arrivants dans cette recherche action participative. « L’idée est de faire de l’action, changer le réel et, sur cette base, faire de la recherche avec les personnes concernées par ce changement », explique Chloë Angé, chercheuse au GERME.

Le projet se construit autour d’un processus co-créatif : faire en sorte que les personnes primo-arrivantes soient au centre de la définition des activités proposées, qu’elles imaginent des activités répondant à leurs besoins, les améliorent et deviennent ainsi sujets de leur propre histoire. Et d’un processus de co-recherche : faire en sorte qu’elles puissent aussi analyser l’impact de leur participation à ces activités sur leur propre parcours. Les primo-arrivants étaient donc considérés eux aussi comme co-chercheurs du projet.

Il a été constaté que les méthodes classiques de recherche (entretiens…) ne fonctionnaient pas. Les outils ont donc été adaptés afin de permettre aux primo-arrivants de se réapproprier les espaces de recherhce. Comme démarrer avec des rencontres collectives pour instaurer un climat de confiance avant de réaliser des entretiens individuels. Ou encore partir de leur expérience individuelle : voir ce que les personnes ont vécu dans l’activité, les bons ou mauvais souvenirs, les sensations. « A partir de là, on peut comprendre ce que cela raconte des activités mises en place et de la vie des personnes migrantes à Bruxelles. Plein d’outils visuels ont été utilisés : des images, des photos, des objets. Cela permet de libérer la parole, de les mettre à l’aise », poursuit Chloë Angé.

Quant aux impacts des activités sur leur propre parcours, ils sont nombreux. « Les personnes primo-arrivantes ont énormément de ressources ‘dormantes’, dont ils n’ont pas conscience ou qu’ils ne mobilisent pas », expliquent les chercheurs. Les activités leur ont offert un espace pour activer ces ressources  pour devenir plus autonomes. Cela mis en pratique et la mise en récit de ces ressources, ainsi que la création de lien social dans le cadre d’espaces de reconnaissance réciproque avec des pairs (autres primo-arrivants) ou des tiers (des représentants de la société belge en général). Suite à un renforcement de leur confiance en eux et elles, cette activation des ressources se traduit de différentes façons : oser aller à la commune sans l’aide d’un proche pour faire la traduction, parler en public, reprendre une formation, trouver un emploi, reprendre un loisir…

La recherche s’arrête mais le projet se poursuit car l’asbl Via va continuer à proposer les différentes activités mises en place: une Maison d’Immersion permettant de pratiquer informellement le français, une Cellule de Bénévolat permettant de faire du volontariat au sein d’associations bruxelloises, et un Module de Confiance en Soi leur permettant de faire le point sur leur parcours pour travailler sur leurs projets en Belgique.

Contact
Communication Recherche : Com.recherche@ulb.ac.be