Publié le 28 avril 2022 Mis à jour le 2 mai 2022

Dans une étude de Brussels Studies, les historiens Serge Jaumain (ULB) et Joost Vaesen (VUB) tentent de comprendre la longévité et surtout les larges victoires électorales de Roger Nols. Bourgmestre de Schaerbeek de 1970 à 1988, il défrayait régulièrement l'actualité nationale pour ses prises de position xénophobes.

Dans le grand hall de l’hôtel communal de Schaerbeek trônent les bustes des anciens bourgmestres. Parmi eux, celui de Roger Nols déchaine les passions. Faut-il conserver cette représentation de celui qui effectua quatre mandats successifs à la tête de la commune (1970-1976-1982-1988), sous les bannières du FDF, de listes « N.O.L.S. » et du PRL, tout en défrayant régulièrement l’actualité nationale ? Dans la mémoire collective, l’évocation de Roger Nols est en effet associée aux conflits communautaires et à ses prises de position xénophobes accompagnées d’une dérive vers l’extrême droite. Toutefois, résumer sa carrière politique à ces seuls éléments ne permet pas de comprendre sa longévité et surtout ses larges victoires électorales. 

Le débat sur la présence de son buste à l’hôtel de ville de Schaerbeek invite donc tout à la fois à un regard rétrospectif et à une remise en contexte de ses mandats en tenant compte de l’évolution d’une commune très marquée par de rapides transformations urbanistiques et sociales ainsi que par les débats nationaux sur les questions linguistiques et migratoires. C'est ce à quoi nous invitent les historiens  Serge Jaumain - Mondes modernes et contemporains, Faculté de Philosophie et Sciences sociales - et Joost Vaesen (Vrije Universiteit Brussels), dans le 168e numéro de Brussels Studies.

A travers l'analyse de travaux relatifs à l'histoire de la commune et de la Belgique pendant la période « nolsiste », complétée par une dizaine d'entretiens avec des témoins clés, les auteurs rappellent et tentent de décrypter l’adhésion au discours radical de Nols d’une partie importante des électeurs schaerbeekois et bruxellois en général.