Publié le 5 mars 2019 Mis à jour le 11 mars 2019

En Belgique, les différentes régions sont inégales face aux incapacités de travail. Une explication: le taux de chômage local.

Dans une étude parue dans la Revue Belge de Sécurité Sociale, Ilan Tojerow et Octave De Brouwer (DULBEA, Solvay Brussels School of Economics & Management) mettent en lumière l'importance de la dimension géographique pour mieux comprendre l'invalidité en Belgique. En effet, les disparités géographiques du taux d'invalidité sont importantes et ne montrent pas de dynamique convergente dans le temps. Par exemple, en juin 2016, l'arrondissement de Mons enregistrait un taux d'invalidité chez les salariés de 15,06%, contre 6,25% dans l'arrondissement de Hal-Vilvorde. Comment rationaliser de telles différences ?

Le principal résultat qui ressort de cette étude est que l'état du marché du travail, en particulier le taux de chômage local, est le facteur le plus important pour expliquer les disparités géographiques du taux d'invalidité. Deux observations mettent ce fait en évidence. Premièrement, les communes ayant observé une diminution de leur taux de chômage ont connu en parallèle une augmentation du taux d'invalidité. Deuxièmement, au niveau individuel, alors qu'en 2005 la probabilité pour un demandeur d'emploi d'entrer en invalidité était presque identique à celle d'une personne en emploi, celle-ci a fortement augmenté sur la période couverte (2009-2013). Ainsi, un taux de chômage local élevé entraîne à moyen terme un taux d'invalidité également élevé à travers un transfert de personnes d'une assurance à l'autre.

Contact
Service Communication Recherche :